Par
Thomas Martin
Publié le
21 déc. 2025 à 8h16
En Seine-Saint-Denis, dans le Val-d’Oise ou encore dans l’Oise, des dizaines de milliers d’habitants travaillent chaque jour grâce à l’aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle. Dans certaines intercommunalités proches de Roissy, jusqu’à un actif sur six est employé directement sur la plateforme ou dans ses activités connexes, selon une récente étude de l’Insee. Avec 94 600 salariés et 1 360 établissements, Paris-Charles-de-Gaulle n’est pas seulement le premier aéroport européen pour le trafic de passagers et de fret. C’est aussi l’un des tout premiers bassins d’emploi d’Île-de-France, dont l’influence dépasse largement les pistes et les terminaux.
Un poids colossal pour l’Est de l’Île-de-France
La plateforme aéroportuaire irrigue directement les territoires qui l’entourent : la Seine-Saint-Denis, le Val-d’Oise et la Seine-et-Marne. À elle seule, elle représente près de 10 % de la richesse économique produite dans ces trois départements, avec un impact particulièrement fort en Seine-Saint-Denis, où 13 % de la richesse locale provient de l’activité liée à CDG
Sur le terrain, cela se traduit par une réalité bien connue des élus et des habitants : Roissy fait travailler tout l’Est francilien. À Tremblay-en-France, Roissy-en-France ou Le Mesnil-Amelot, les emplois sont bien plus nombreux que les actifs résidant sur place. Résultat : chaque matin, des milliers de salariés convergent vers l’aéroport depuis des communes parfois éloignées.
Des emplois qui attirent bien au-delà de Roissy
Si un salarié sur deux travaillant à CDG habite dans l’un des trois départements d’emprise, l’aéroport attire aussi largement au-delà. 14 % des salariés résident dans l’Oise, un département voisin devenu un vivier essentiel de main-d’œuvre pour la plateforme
Dans certaines intercommunalités comme Roissy Pays de France, près de 9 % des actifs travaillent directement sur le site, une proportion qui grimpe à 15 % dans des territoires de l’Oise situés à proximité immédiate de l’aéroport. Pour beaucoup de familles, CDG est tout simplement le principal pourvoyeur d’emplois du quotidien.
Une mosaïque de métiers, loin des clichés
Contrairement à l’image parfois réductrice de l’aéroport limité aux avions et aux pilotes, les métiers sont très variés. Quatre salariés sur dix travaillent dans le transport aérien, mais un quart est employé dans l’entreposage et la logistique. Sécurité, restauration, nettoyage, douanes, police aux frontières ou encore maintenance complètent ce paysage professionnel
Ces emplois sont aussi plus stables que la moyenne francilienne : près de 87 % des salariés sont en CDI, contre 72 % à l’échelle régionale. Les salaires, tirés vers le haut par certaines professions comme les personnels navigants, sont en moyenne supérieurs à ceux observés ailleurs en Île-de-France, même si les écarts restent importants selon les métiers et les territoires.
Votre région, votre actu !
Recevez chaque jour les infos qui comptent pour vous.
S’incrire
Une dépendance forte… et des défis à venir
Cette centralité de CDG pose aussi des questions. Les trajets domicile-travail sont souvent longs : seuls un quart des salariés habitent à moins de vingt minutes de leur lieu de travail. Le vieillissement des effectifs est un autre enjeu, avec un salarié sur quatre âgé de 55 ans ou plus, ce qui pose la question du renouvellement de la main-d’œuvre dans les années à venir.
Pour les collectivités locales, l’enjeu est clair : faire en sorte que les habitants des territoires proches soient les premiers à bénéficier des emplois de l’aéroport, tout en améliorant l’accès, la formation et les conditions de travail.
Car derrière les pistes de Roissy, CDG n’est pas qu’un point de départ pour les voyageurs. C’est un pilier essentiel de l’économie francilienne, dont dépendent chaque jour des milliers de familles — souvent sans même qu’elles en aient pleinement conscience.
Personnalisez votre actualité en ajoutant vos villes et médias en favori avec Mon Actu.