Ce samedi 20décembre, la soirée a littéralement pris un autre tournant pour les passagers du vol AF762 entre Paris et Ajaccio. L’Airbus A320 dans lesquels ils se trouvaient a dû être dérouté en urgence à Lyon, selon nos confrères de Corse Matin.

Alors que l’avion décolle de Paris Orly peu après 17 heures, « l’équipage […] a décidé de se dérouter […] après 37 minutes de vol en raison d’un problème technique » et « en application du principe de précaution », a déclaré Air France.

D’après le site de suivi des vols FlightAware, on voit ainsi l’A320 perdre subitement de l’altitude. Quelques minutes plus tard, il opère un virage en épingle pour rejoindre l’aéroport de Lyon-Saint-Exupéry.

« Tout l’avion s’est mis à trembler très fort »

« On a d’abord entendu un bruit léger, puis comme une valise qui tombe. Tout l’avion s’est mis à trembler, très fort. On s’est tous regardés en se demandant ce qui se passait », a raconté une passagère à ICI RCFM, une fois arrivée en Corse.

« Il y a eu un réacteur qui a pris feu. J’ai vu de grands flashs jaunes, c’étaient des flammes », a également indiqué Jérôme, assis près du réacteur lors du vol.

« Des passagers auraient vu du feu sur une aile. Dans les moments de panique, les gens parfois voient un peu n’importe quoi ou imaginent des choses, ce n’est pas un reproche véhément, c’est un constat. L’équipage a réagi correctement puisqu’ils ont pu se poser à Lyon Saint-Exupéry », dit Bernard Trible, contacté par Le Progrès. Ancien pilote de chasse et ingénieur aéronautique, le fondateur du musée de l’aviation Lyon Corbas appelle à la prudence quant à l’origine de l’incident. 

Selon un connaisseur du secteur interrogé par l’AFP, il s’agit d’un « pompage réacteur » lorsque des bouchons d’air se forment au sein du moteur et créent des vibrations obligeant l’équipage à « couper le moteur ». « C’est à ce moment-là qu’ils ont décidé de dérouter à Lyon. Une fois qu’ils ont coupé le moteur, les vibrations ont disparu. Ils se sont posés à Lyon », rapporte cette source. 

« L’atterrissage s’est passé normalement sur un seul moteur », ajoute l’expert. « Voler sur un moteur, ce n’est pas une situation normale », mais « ce sont des choses qui arrivent dans le monde du transport aérien ». « L’aile n’était pas en feu, le moteur n’était pas en feu, il n’y a pas eu d’alarme incendie. Mais je ne peux pas exclure qu’effectivement, il y ait eu quelques flammes au niveau de la tuyère qui se sont contenues dans le moteur et qui ne durent qu’une à deux secondes », analyse-t-il.

Arrivés en Corse cinq heures plus tard

L’avion Airbus A320 qui effectuait le vol est équipé de deux moteurs CFM56, montés sous les ailes, fabriqués par la coentreprise franco-américaine CFM entre Safran et GE qui « font partie des moteurs les plus fiables au monde », selon ce connaisseur du secteur. 

C’est finalement à 18 h 25 que l’avion se pose à l’aéroport de Lyon, sans faire de blessé. Les passagers ont finalement rejoint Bastia à 23 h 50, à bord d’un autre avion, avant d’être « transférés en bus vers Ajaccio avec une arrivée le 21 décembre à 3 heures », a précisé la compagnie aérienne. Cette dernière « regrette les désagréments liés à cette situation et rappelle que la sécurité de ses clients et de ses équipages est son impératif absolu ».

C’est le deuxième avion en deux jours qui est contraint de s’arrêter à Lyon. Jeudi 18 décembre, un A318 d’Air France, reliant Milan à Paris, a dû atterrir en urgence à Saint-Exupéry après des fumées dans le cockpit.