Soren Bruyère Joumard a connu une journée particulière ce dimanche matin, lors de la 3e manche de la Coupe du Monde de cyclo-cross Juniors. Sur le circuit de Coxyde, il est passé de l’avant-dernière place au premier passage sur la ligne, juste après le départ, à la 12e place finale. Victime d’une chute dans les premières dizaines de mètres après avoir sorti le pied de la pédale, il est reparti très loin des premiers. Mais dans sa remontée, tour après tour, il a fait montre de caractère, de sang-froid et aussi de sa condition physique et de technique. Si le classement général de la Coupe du Monde ne tient compte que des quatre meilleurs résultats, au bout de trois manches, il doit céder sa tunique rouge et blanche de leader. Mais le coureur de Cyclisme Seyssinet-Seyssins ne baisse pas les bras et avoue même avoir « adoré » la course, comme il l’explique à DirectVelo après sa course.
DirectVelo : Raconte-nous ces 50 premiers mètres de course qui ont mis tout par terre…
Soren Bruyère Joumard : J’ai fait un bon départ, j’ai eu le temps de donner une dizaine de coups de pédale et, je ne sais pas trop ce qui s’est passé, si j’ai dérapé ce qui m’a fait décaler, ou si j’ai seulement décalé. Ça m’était déjà arrivé mais jamais aussi violemment et j’ai perdu l’équilibre et je me retrouve par terre. Je me suis fait un peu rouler dessus, ça a bien cogné, mais c’est comme ça, ils ne peuvent pas freiner plus vite que moi qui suis par terre.
Tu n’as pas pu faire la course que tu espérais…
Forcément, c’est décevant parce que je me sentais bien. Mais j’ai réussi à me rassurer sur toute la course, j’ai fait une très grosse remontée, donc je suis très content. Si on enlève cette partie-là, je suis content de ma course, j’ai fait des beaux passages dans le sable, je n’ai fait que remonter. Physiquement, ça allait très bien et techniquement aussi, alors que la semaine dernière, je n’avais pas mes meilleures sensations physiques et dans le sable. Je suis très content et j’ai adoré quand même, je me suis bien amusé.
« RÉUSSIR À NE PAS S’ÉNERVER »
Comment gère-t-on cet effort de remontée ?
Il faut faire attention avec les autres coureurs qu’on vient doubler et eux, forcément, ils jouent leur course, donc même s’ils vont moins vite que nous, il faut faire attention parce qu’ils vont vouloir jouer les intérieurs. Il faut jouer des coudes et aussi, il faut réussir à ne pas s’énerver, ce qui est parfois un peu compliqué. Il ne faut pas vouloir tout remettre directement au premier tour mais plutôt vouloir remonter plus dans la longueur. J’ai vraiment essayé de faire un effort assez linéaire pour pouvoir terminer à bloc à la fin et même rester propre techniquement, surtout dans le sable.
Justement, dans le sable, on n’est pas totalement maître de sa trajectoire, on subit les coureurs qui sont devant…
On suit les ornières creusées par celui de devant donc tu suis tout ce qu’il fait. Il faut rester lucide et concentré et c’est toute une technique. Mais on a beaucoup progressé avec l’équipe de France et on a fait beaucoup de stages qui sont bénéfiques.
« QUAND TU Y ARRIVES, C’EST GRATIFIANT »
Pour ta deuxième année Junior, tu sens que tu passes des paliers ?
Physiquement c’est normal, ça se fait avec l’entraînement. Techniquement, je sens que ça va beaucoup mieux et ici, je me suis vraiment amusé même si j’avais mal. J’ai adoré la course. Quand au début, tu n’arrives pas à faire quelque chose et que pendant une course, tu y arrives, tu passes propre, c’est gratifiant.
C’est encourageant pour l’avenir ?
J’espère. Pour l’instant, il n’y a plus de sable jusqu’à la fin de la saison mais l’année prochaine, ils annoncent encore beaucoup de sable, même le Championnat du Monde donc on pense déjà l’avenir. C’est de bon augure.