« Le cancer du poumon est le plus meurtrier chez la femme
devant le cancer du sein », alerte le Dr Vincent
Valinducq
sur le plateau de l’émission Bonjour ! la
matinale, diffusée sur TF1. Ce chiffre, aussi glaçant
qu’inattendu, résonnait particulièrement durant le mois de novembre
marqué par la campagne du Mois sans Tabac. Alors
que 75 000 décès par an sont liés au tabac en
France, dont 200 chaque jour, les femmes semblent
de plus en plus concernées.

Si le
cancer du sein
reste le plus fréquent chez les femmes, le
cancer du poumon le dépasse désormais en termes de
mortalité. Et la tendance ne faiblit pas. En 2025, 20
000
nouveaux cas ont été diagnostiqués chez les femmes,
soit une hausse de 4,3 % par an. Chez les hommes,
en revanche, le nombre de cas stagne depuis plusieurs années.

Pourquoi cette explosion des cas chez les femmes ?

Pour le Dr Valinducq, cité dans Femme
Actuelle
, la réponse est sans équivoque : « Explosion
des cancers 10, 20, 30, 40 ans après cette augmentation de la
consommation de tabac ». L’augmentation massive du tabagisme
féminin entre 1970 et 2000 a fini par produire ses effets, visibles
aujourd’hui dans les chiffres du cancer.

Mais fumer n’est plus l’unique explication. En effet, le
professeur Paul De Leyn, chirurgien pulmonaire à
l’UZ Leuven, observe une tendance préoccupante mentionné dans une
revue de rtbf actu :
« Nous voyons de plus en plus des gens qui n’ont jamais fumé de
leur vie qui développent quand même un cancer des poumons. Il
s’agit désormais de presque un patient sur cinq, et ce sont des de
plus en plus souvent des femmes. » Parmi les pistes
évoquées, la pollution atmosphérique et les
facteurs hormonaux sont suspectés, même si aucune
preuve formelle ne permet aujourd’hui de trancher.

Autre constat glaçant : les femmes seraient plus vulnérables que
les hommes face aux effets du tabac. Le Dr Bertrand
Mennecier
, du CHRU de Strasbourg, précisait que les femmes
« déclarent à tabagisme égal un cancer du poumon plus tôt que
les hommes ou au même âge que les hommes mais avec un niveau de
tabagisme inférieur ». Il ajoute : « Les femmes semblent en
outre présenter une susceptibilité supérieure aux carcinogènes et
aux substances non carcinogènes du tabac. »

Vers un dépistage généralisé d’ici 2030
?

Aujourd’hui, aucun dépistage organisé n’existe pour le
cancer du poumon, dont souffre Pascal Bataille

contrairement au sein ou au côlon. Mais cela pourrait bientôt
changer. L’Institut national du cancer (INCa) a
lancé en janvier un programme expérimental baptisé
IMPULSION. Objectif : proposer un dépistage
précoce à 20 000 volontaires âgés de 50 à 74 ans, tous fumeurs ou
ex-fumeurs. Ces derniers « sont des fumeurs et ex-fumeurs,
sevrés depuis moins de 15 ans, avec, par exemple, une consommation
tabagique cumulée d’au moins 20 paquets année ».

Ces participants bénéficieront de scanners thoraciques à
faible dose
, espacés d’un an puis tous les deux ans. En
parallèle, un accompagnement au sevrage tabagique est prévu. Selon
les projections, cette approche combinée pourrait réduire de
38 % le risque de décès.

Et pour celles et ceux qui veulent arrêter de fumer, plusieurs
options sont disponibles. Le Dr Valinducq insiste : « Je vous
invite à en parler à votre médecin, tabacologue, addictologue,
psychologue… C’est vraiment avec une équipe qui va vous accompagner
pour arrêter. » Les substituts nicotiniques peuvent être
prescrits par divers professionnels de santé et sont pris en charge
par l’Assurance maladie.

Malgré une baisse encourageante du tabagisme observée en 2024,
Santé publique France alerte : « Le fardeau du tabac reste
lourd ». Il demeure « la première cause de mortalité évitable en
France. »