Laurent Labit a connu sa première en Top 14 à Aimé-Giral, en tant qu’entraîneur local. Et il en a vu de toutes les couleurs…
Laurent Labit n’en a cru ni ses yeux ni ses oreilles. À l’approche du stade, samedi, pour sa première en championnat sous les couleurs catalanes, le manager s’est retrouvé dans une dimension parallèle. Aux limites de la rationalité.
Comme si l’Usap ne restait pas sur onze revers consécutifs et cinq réceptions sans le moindre point, Aimé-Giral était habité par la ferveur des grands jours. La haie d’honneur, à coups d’encouragements et de tapes dans le dos, avait envoyé un message fort aux troupes : on croit encore en vous, malgré tout. « Quand on est arrivé, j’avais l’impression que c’était la finale du Top 14 », souriait, après coup, le manager. Le peuple catalan, épatant de résilience, a joué pleinement son rôle samedi. En poussant fort les siens dès le coup d’envoi et en offrant à Harry Plummer un concert de sifflets à chacune de ses tentatives au pied. À l’heure où les groupes de supporters entrent en résistance contre « l’américanisation » des ambiances, cette ferveur, virile et correcte, est des plus revigorantes. Quand bien même il y aura toujours des esprits chaffouins pour s’offusquer que l’on ose déranger un joueur dans l’exercice de ses fonctions…
Ce que les gars doivent comprendre, c’est que ce public n’est pas là pour mettre de la pression
Le 16e homme catalan, pleinement investi et respectueux, n’a pas été le moins actif dans cette quête attendue d’un premier succès qui en appelle d’autres. Laurent Labit espère voir cette alchimie se reproduire dans les semaines à venir : « Ce que les gars doivent comprendre, c’est que ce public n’est pas là pour mettre de la pression, c’est du carburant qu’on doit bien utiliser quand on a des temps faibles, pour se donner de l’énergie, et qu’on ne doit pas gaspiller quand on a des temps forts. » Benjamin Urdapilleta en a apprécié chaque instant : « Je me demande ce que ce serait si on était champion de France. » Ce ne sera vraisemblablement pas le cas pour cette saison. L’Usap a d’autres combats à mener.