Publié le
21 déc. 2025 à 22h29
Un long filet pour enrober le clocher, que Stéphane Bern avait qualifié de « filet à provisions » lors d’un tournage dans le village, des barrières, de la rubalise et, depuis septembre 2025, un arrêté de péril qui interdit l’accès au bâtiment. Depuis quelques semaines, la vénérable église Sainte-Madeleine de La Bouille (Seine-Maritime) ne vit pas ses plus belles heures. La faute à un clocher en mauvais état, d’où des pierres tombent régulièrement. Mais deux ans après la manne financière attribuée par le Loto du patrimoine, son avenir est enfin en train de s’éclaircir.
Une facture qui a beaucoup augmenté
« C’est vrai que c’est vraiment la venue de Stéphane Bern et l’argent que l’on a touché qui nous a mis le pied à l’étrier », résume Jacques Meng, le maire de La Bouille. Depuis longtemps, le dossier du clocher de l’église restait sagement rangé dans un tiroir de son bureau, faute de moyens. Après avoir déjà refait la toiture, il y a quelques années, difficile de sortir les quelque 800 000 € pour les travaux estimés en 2021.
C’est donc en septembre 2024, après avoir appris le don de 260 000 € du Loto du patrimoine, que le projet de réfection du clocher qui date du milieu du XIXe siècle, jusqu’à la première travée de l’église, s’est accéléré d’un coup.

Depuis septembre, l’église de La Bouille est complètement fermée au public. ©Aurélien Delavaud
Mais entre-temps, la crise économique est passée par là, en faisant grimper considérablement le prix des matériaux. Et puis la mairie a revu sa copie, plus ambitieuse, pour inclure notamment la rénovation de quatre grands vitraux.
« Maintenant, il y en a pour 1,8 million d’euros », indique Jacques Meng. Un montant qui, au lieu de doucher la motivation de l’équipe municipale, l’a poussée à rechercher d’autres solutions.
Les travaux découpés en deux phases
« On a fait la tournée des popotes pour demander des financements. Grâce à ces aides, on a déjà récolté 50 % du montant hors taxes (1,5 M€) des travaux », assure le maire de La Bouille.
Dans le détail, l’État verse 203 000 €, le Département 150 000 €, la Région 100 000 € et la Métropole 36 000 €. En ajoutant les 260 000 € du Loto du patrimoine et les 33 000 € déjà récoltés lors des animations proposées par l’Association de sauvegarde de l’église, ça fait déjà une belle mise de départ.
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Pour pouvoir réaliser les travaux le plus rapidement possible tout en payant le moins de sa poche, la mairie a défini une stratégie. « On a décidé de couper la poire en deux, en coupant les travaux en deux tranches, explique Clément Bouvet, le premier adjoint au maire. Avec toutes ces subventions, la première tranche est déjà financée. »
Le chantier devrait donc commencer dès 2026, avec l’installation d’un grand échafaudage.
L’objectif, pour cette première tranche, c’est de rénover la partie haute du clocher et le paratonnerre.
Jacques Meng, maire de La Bouille
Son adjoint abonde : « C’est de la reprise de pierre de maçonnerie. C’est un travail patrimonial très fin pour refaire à l’identique, tout en consolidant et en sécurisant. Dans cette première tranche, il y aura aussi la rénovation des deux vitraux de la façade. »
Un emprunt pour aller au bout du projet
Pour cette première phase de chantier, selon le maire, il faut compter environ un an de travaux. « Pendant ce temps, on va aller resolliciter tout le monde pour la deuxième tranche de travaux », présente l’élu.
Pour la seconde phase, qui concernera donc le bas du clocher et l’entrée de l’église jusqu’à cette fameuse première travée, il n’est pas sûr d’obtenir les mêmes sommes. Alors la mairie essaye de prévoir le coup : « Le reste à charge sera financé par l’emprunt, on le sait, mais on essaiera d’emprunter le moins possible. » D’autant plus que la commune ne finira de payer qu’en 2030 l’emprunt pris sur 25 ans au moment des travaux de l’école.

Les deux tranches de travaux prévoient de rénover tout le clocher et l’entrée de l’église, jusqu’à la première travée. ©Aurélien Delavaud
Si le plan de Jacques Meng et de son équipe se déroule sans accroc, le maire espère enchaîner les deux phases de travaux, sans pause, « pour ne pas démonter l’échafaudage ».
Dans cette version idéale, l’église de La Bouille pourrait être rendue à sa messe mensuelle et aux activités culturelles qu’elle accueille vers la fin de l’année 2027, après deux ans de travaux. « Il restera toujours des choses à faire, mais après ça, on aura vraiment fait le plus gros et les suivants n’auront plus de gros soucis avec l’église », conclut Jacques Meng.
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