Par Valentin
Grégoire –
Publié le 21 Déc 2025 à
14:30
Grippe en rouge, foyers de gastro
en embuscade : quels départements sont les plus touchés ce week-end
et quel geste barrière peut encore tout changer ?
Les cabinets médicaux se remplissent, les urgences se tendent et
les virus d’hiver s’installent juste avant les fêtes. Entre
grippe et gastro-entérite, la
France aborde ce week-end avec des cartes sanitaires déjà très
chargées, même si toutes les maladies ne progressent pas au même
rythme.
Les derniers bulletins de Santé publique France et du réseau
Sentinelles montrent une épidémie de grippe généralisée, tandis que
la diarrhée aiguë reste étonnamment calme au niveau national. Un
contraste qui place un geste barrière en particulier au centre du
jeu.
Grippe : la France en rouge, des départements sous
pression
Dans son point du 17 décembre, Santé publique France prévient
que les médecins et les hôpitaux risquent la surcharge pendant les
fêtes, avec « une nette augmentation en ville et à l »hôpital » des
infections respiratoires aiguës. Le réseau Sentinelles estime, pour
la semaine du 8 au 14 décembre 2025, à 281 cas d’IRA et 163 cas de
grippe pour 100 000 habitants, en hausse et à un niveau d’activité
qualifié de modéré.
Sur la carte basée sur les passages aux urgences, tout le
territoire métropolitain est classé en épidémie et les cinq
départements les plus touchés sont les
Hautes-Pyrénées (environ 6 460 passages pour 100
000 habitants), Paris (6 329), la Seine-et-Marne (5 971), les
Alpes-de-Haute-Provence (5 602) et les Alpes-Maritimes (5 500). En
Outre-mer, la Guyane, Saint-Martin et Mayotte sont en phase
épidémique. Santé publique France note que le sous-clade K
représente 77,6 % des virus grippaux et précise : « Parmi les virus
grippaux séquencés depuis fin septembre, le sous-clade K était
majoritaire pour le sous-type A(H3N2) et le sous-clade D.3.1 était
majoritaire pour le sous-type A(H1N1) ». Le Pr Antoine Flahaut
souligne que ce variant a émergé « après que la composition
vaccinale a été déterminée par les experts de l’OMS en février
dernier pour le vaccin délivré cet automne », a-t-il expliqué à
actu.fr, alors que la part de décès liés à la grippe a doublé (1,8
% contre 0,9 % un an plus tôt).
Gastro-entérite : nationale encore basse, mais trois régions en
tête
Pour la gastro-entérite, le contraste est
frappant. Sentinelles décrit « une activité faible » avec 72 cas de
diarrhée aiguë pour 100 000 habitants en semaine 50, un niveau
stable et inférieur à ce qui est habituellement observé à cette
période. « La surveillance des diarrhées aiguës a pour objectif le
suivi des épidémies de gastro-entérites », rappelle le réseau.
Sur la carte régionale, trois zones sortent pourtant du lot : la
Nouvelle-Aquitaine (105 cas pour 100 000 habitants), le Grand Est
(91) et Provence-Alpes-Côte d’Azur (89). Ces foyers restent loin
des pics observés certains hivers, mais ils arrivent au moment où
les déplacements, repas prolongés et réunions familiales se
multiplient.
Le geste barrière oublié qui pèse sur
grippe et gastro
A l’approche des fêtes, Santé publique France remet en avant les
mesures de prévention : masque en cas de symptômes, aération,
tousser dans son coude et surtout lavage des
mains. L’agence recommande de « se laver correctement et
régulièrement les mains avec de l’eau et du savon ou une solution
hydroalcoolique ». Ce réflexe, beaucoup moins visible que le masque,
reste pourtant central pour freiner à la fois les virus
respiratoires et digestifs, en particulier avant et pendant les
grands repas de fin d’année.
- en rentrant des transports, des courses ou du travail ;
- avant de cuisiner ou de passer à table ;
- après être allé aux toilettes ou avoir changé un enfant ;
- après s’être mouché, avoir toussé ou éternué.
Sur le plan virologique, l’Institut Pasteur confirme que « Le
virus grippal détecté majoritairement est un virus de type A, connu
pour sa virulence. Nous retrouvons plusieurs sous-types parmi les
prélèvements testés : A(H3N2) sous-clade K, et A(H1N1)pdm09 »,
explique Vincent Enouf, cité par l’Institut Pasteur. Malgré une
légère différence entre virus circulant et souche du vaccin, il
précise : « Le vaccin utilisé cette année pourrait être moins
efficace contre le virus A(H3N2)*. Mais, un vaccin même peu
efficace évite les formes graves ». Santé publique France insiste
d’ailleurs qu’ »il n’est pas trop tard pour se vacciner contre la
grippe. Le vaccin est disponible en pharmacie et est pris en charge
à 100 % pour les populations cibles ».