Quelques jours après le bilan des Assises du commerce de la Ville de Lyon communiqué aux participants, la tension reste maximale entre les élus et les commerçants de l’avenue des Frères Lumière. En effet, le projet d’aménagement de cette avenue, qui vise à réduire drastiquement le flux d’automobilistes en la coupant en deux, ne plaît pas. Les travaux, qui ont débuté depuis plusieurs mois, ont un impact considérable sur les commerces.

« Depuis que les travaux ont commencé, nous avons des fermetures sur certains tronçons, des coupures Enedis et des coupures d’eau. On a des pertes de chiffres d’affaires qui vont de 30 à 40%, ce qui est phénoménal », explique Gwenaël Belbeoch, président de l’Union des commerçants et artisans de Monplaisir.

Un accord avait été trouvé lors de la présentation du projet

Le bras de fer dure depuis le lancement du projet d’aménagement de l’avenue. « Avant que le projet ne soit lancé, nous avions été sollicités par les élus pour exprimer nos besoins et attentes. Mais quand le projet a démarré, ça n’avait plus rien à voir avec ce qui était prévu. »

Selon le directeur d’une société de courtage en crédit immobilier, l’avenue devait être piétonnisée deux jours par semaine. Finalement, cette piétonnisation aura lieu au centre de l’avenue et les automobilistes devront emprunter une sorte de déviation. « Dans sa version originale, végétaliser, protéger les cyclistes et réduire la circulation nous convenaient », précise-t-il.

« Nous refusons de rester silencieux face à une telle désorganisation »

Dans un courrier adressé au maire de Lyon, Grégory Doucet, au président de la Métropole, Bruno Bernard, ainsi qu’à la municipalité du 8e arrondissement, le président de l’association des commerçants tente un énième dialogue pour trouver un compromis : « Nous le disons clairement : Le projet de réaménagement de l’avenue des frères Lumière est un désastre ! (…) Nous refusons de rester silencieux face à une telle désorganisation. Il est inadmissible qu’un quartier aussi vivant et commerçant soit sacrifié sans tenir compte des priorités que vous avions exprimées à votre demande. »

Au sein de cette lettre, les commerçants dénoncent un manque de concertation avec les acteurs économiques du quartier, une absence de plan de soutien, un chantier « dont la gestion témoigne d’une déconnexion complète de la réalité du terrain », et « un projet final qui n’a été ni présenté, ni débattu ».

Ils réclament ainsi la supression la future obligation de tourner à gauche à la hauteur des rues Saint Maurice et Docteur Armand Gelibert, élargir l’avenue à cinq mètres et posséder des espaces de livraison pour desservir les magasins.