Par Mamy Yves
Ratsimbazafy – Publié le 22 Déc 2025 à 08:00
Sur le plateau de CNews, le débat
Intermarché « de droite ou de gauche » a pris des allures de
polémique politique. Thomas Bonnet a en effet décidé d’ironiser sur
l’obsession française à politiser toute publicité.
© Shutterstock
La récente publicité d’Intermarché mettant en scène le loup «
mal aimé » est devenue un phénomène viral sur les réseaux sociaux
et dans les médias. Réalisé par Illogic Studios et diffusé début
décembre,
ce spot d’animation poétique raconte l’histoire d’un loup qui
change son mode de vie pour être accepté parmi les autres animaux
de la forêt. Ce qui a touché des millions d’internautes à travers
le monde. Le succès de cette réalisation dépasse d’ailleurs la
simple campagne commerciale dans la mesure où elle a généré un buzz
mondial de centaines de millions de vues en quelques jours, ravivé
l’écoute du titre « Le Mal-aimé » de Claude François et suscité une
forte demande autour d’une éventuelle peluche dérivée.
Sur
CNews, le débat dérape sur l’orientation politique
Alors que l’actualité de la pub Intermarché aurait pu rester
dans le domaine marketing ou culturel, l’émission L’Heure des Pros
animée par Pascal Praud a transformé le sujet en débat politique. À
tel point que certains chroniqueurs ont questionné sur
l’orientation politique de la publicité, au lieu d’en analyser
simplement le contenu ou le succès. Souvent décrite comme ayant une
ligne éditoriale plutôt conservatrice et susceptible de polémiques,
le programme a ainsi vu l’un de ses chroniqueurs, Thomas Bonnet,
ironiser : « Il n’y a qu’en France qu’on a un débat pour savoir
si une publicité est de droite ou de gauche ».
Pourquoi cette polémique n’est pas vraiment politique ?
Pour beaucoup, l’idée de politiser une publicité festive peut
sembler absurde. Contrairement à un discours idéologique assumé ou
à un message militant, le spot d’Intermarché s’appuie sur un récit
émotionnel familial pour promouvoir une image de marque et des
valeurs de convivialité.
Ce phénomène rappelle plutôt une stratégie de marketing de
contenu, où l’émotion et la narration priment sur le discours
commercial traditionnel. Ce qui explique une large adhésion du
public, y compris au-delà des frontières françaises.
Transformer ce type de campagne en débat politique illustre un
phénomène plus large : dans un paysage médiatique saturé de controverses, tout
sujet susceptible d’être interprété à travers un prisme idéologique
est rapidement politisé. Au lieu de discuter de l’efficacité
publicitaire, certains chroniqueurs parlent désormais de « messages
subliminaux » ou de « valeurs sociétales » cachés dans de simples
campagnes de Noël. Un exercice qui tend à noyer l’essentiel du
sujet.
