« Je suis reconnaissant envers ceux qui prennent une heure de leur temps pour donner leur plasma. Grâce à eux, des familles poursuivent leur chemin ensemble. » Les mots de Paul, 21 ans, sont forts. Et pour cause.
Depuis le jour de ses 18 ans, ce jeune étudiant en ergothérapie donne régulièrement son sang, son plasma et ses plaquettes. « Je fais un peu de tout, en fonction des besoins. » Le principe du don de plasma est proche de celui du sang complet, mais « avec une plus grosse machine », précise-t-il en souriant. Durant les 45 minutes de prélèvement, Paul discute, écoute de la musique, révise ses cours. « L’ambiance y est conviviale. »
« Là, le don prend tout son sens »
En janvier 2025, sa vision du don prend une dimension plus personnelle. Sa mère est touchée par une maladie neurologique auto-immune, provoquant une perte de motricité de la main. « On se rend compte que ça n’arrive pas qu’aux autres. Là, le don prend tout son sens. »
Suivie au CHRU de Nancy, elle bénéficie depuis neuf mois d’un traitement à base d’immunoglobulines, directement issues des dons de plasma. Cela permet aujourd’hui de stabiliser sa pathologie et même d’observer quelques progrès.
Durant cinq jours, Paul observe « le salon se transformer en véritable hôpital de campagne » : pompe à perfusion, tubulures, aiguilles… trouvent une place dans leur quotidien. Puis, tout est rangé « une façon de retrouver une vie presque normale »… Jusqu’au cycle suivant : 28 jours plus tard.
Les dons de plasma, indispensables à la fabrication de traitements
Au-delà de son engagement personnel, Paul agit aussi collectivement. En tant que référent « égalité, diversité et inclusion » de la Fédération des étudiants de Lorraine (Fédélor), il relaie régulièrement les campagnes de l’EFS. Les stocks de plasma, comme partout en France, sont sous tension en Lorraine.
Mais ce qu’il tient à préciser, c’est que les dons de plasma ne servent pas qu’aux maladies neurologiques auto-immunes. Ils sont indispensables à la fabrication de traitements destinés aux personnes souffrant de brûlures graves, de maladies du sang, de déficits immunitaires, ou encore aux victimes d’hémorragies après un accouchement ou un accident.
« En France, être transfusé nous paraît normal », rappelle Paul. « Pourtant, on oublie parfois que si c’est possible, c’est uniquement grâce à ceux qui ont choisi de donner de leur temps. »