Pour leurs propos tenus en conseil municipal le 24 janvier 2022 et retransmis en direct sur le site de la ville de Saint-Etienne, l’ancien maire de Saint-Etienne, Gaël Perdriau, et son adjoint à la culture, Marc Chassaubéné, avaient été mis en examen pour « diffamation publique envers un particulier », suite à la plainte de Farid Bouabdellah, directeur artistique du festival Arcomik. Cette affaire, qui n’a rien à voir avec celle du chantage à la sextape qui a ébranlé la ville depuis août 2022, a été jugée une première fois à Paris, devant le tribunal correctionnel, le 4 février 2025.

Rappelons que Farid Bouabdellah avait déposé plainte après que Marc Chassaubéné eut évoqué des « dérives » imputables à son « directeur prestataire », évoquant un fonctionnement « opaque » et des « copinages malsains ».

La cour d’appel a confirmé la nullité en deuxième instance

Estimant que la plainte était confuse « entre les propos oralement tenus ou leur mise à disposition ultérieurement après validation sur le site internet de la ville, ou des deux », le tribunal parisien avait annulé la plainte du directeur artistique qui a fait appel de cette décision. Jugée à nouveau mais cette fois en appel à Paris, le 19 novembre dernier, la cour d’appel a confirmé la nullité en deuxième instance.

Une décision de justice que Marc Chassaubéné s’est empressé de commenter, estimant que la justice lui a donné raison « dans le litige qui m’opposait au directeur du festival Arcomik ». Pour le désormais premier adjoint à la ville de Saint-Etienne, et le probable candidat à la mairie de Saint-Etienne aux municipales de mars 2026, « ce jugement met un terme à une situation qui m’a empêché de poser publiquement des questions sur l’utilisation de fonds publics ».

« Reprendre sereinement ce débat », selon Marc Chassaubéné

Rappelons encore, que le festival Arcomik, qui rayonne sur tout le territoire de Saint-Etienne Métropole, s’est vu priver de subvention depuis 2022 par la ville de Saint-Etienne ainsi que par la métropole. Et que la même année, la Ville avait l’intention de créer un autre festival d’humour, porté par l’association GSM, à la même période que le festival Arcomik.

Aujourd’hui, pour Marc Chassaubéné, l’annulation de la plainte en diffamation lui permet désormais de reprendre sereinement ce débat « sur la transparence, l’utilisation de l’argent public et sur l’équité et les règles dans l’attribution des subventions culturelles ».

« Le procès sur fond de la diffamation n’a eu lieu », pour Farid Bouabdellah

S’il espère donc obtenir des réponses de la part du directeur artistique du festival Arcomik, ce dernier tient justement à rappeler « quand aucun cas, le procès sur fond de la diffamation n’a eu lieu. Il a été annulé sur la forme de la procédure en première instance. Et la nullité a été confirmée en deuxième instance, à la nuance près que les propos me visaient, mais que la justice ne savait pas sur quel support la juger ».

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