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Mathieu Morichon tient enfin sa victoire au cyclo-cross du Chambon
La 47e édition du cyclo-cross national du Chambon – Eymouthiers est revenue à Mathieu Morichon (C’Chartres Cyclisme). Le Creusois, qui n’en était pas à son coup d’essai sur l’épreuve, a dompté les conditions pour devancer Tom Mainguenaud et Anthony Brégière.
Le Normand Daniel Mangeas, qui fut la voix du Tour pendant des décennies et dont le timbre résonne sur les courses depuis plus de 50 ans, se remet d’un accident vasculaire cérébral. En Charente, il animait l’une de ses premières courses depuis et a profité de ces retrouvailles avec le public.
« La relève est bien installée et tant mieux d’ailleurs : la boucle est carrément bouclée ! »
Comment se sont passées vos retrouvailles avec le Chambon après vos soucis de santé ?
Daniel Mangeas. C’était un peu angoissant parce que j’ai eu un AVC. C’est tombé sur moi. Mais c’était un accident vasculaire cérébral aphasique, c’est-à-dire avec un trouble qui faisait que mon langage était impacté. Donc j’ai été obligé de faire des séances et des séances de rééducation. Mais ça va bien. C’était il n’y a que quelques mois et il faut que tout se remette en place progressivement. Ça a été très très compliqué et je crois que j’ai eu de la chance d’avoir des connexions (au niveau du cerveau, des réflexes), de par mon métier. J’ai toujours un peu d’hésitation mais c’est un bonheur d’être là. D’autant plus que je connaissais très bien Maxime (Aupy, l’ancien organisateur décédé en février 2021). C’est formidable de faire ma rentrée ici.
On voit que ça vous fait plaisir d’être de retour. Vous avez attendu ce moment avec impatience ?
Oui, cependant je me disais « comment je vais faire, est-ce que je suis encore capable de parler… » Mais ça va de mieux en mieux, ce n’est que du positif.
Les réflexes reviennent ?
J’ai été incapable de parler pendant trois semaines très exactement, donc j’ai toujours une certaine angoisse. À chaque fois que je prends le micro, je me dis « mais mince, est-ce que ça va sortir ou pas ? » Et finalement, oui !
Vous reprenez du service en 2026, principalement sur des Coupes de France. Et vos courses normandes…
J’ai recommencé avec la Polynormande, c’est chez moi. Tout s’est bien passé, j’étais accompagné de Damien Martin. Il y a aussi Paris-Camembert et puis bien entendu le cyclo-cross du Chambon qui fait partie des belles épreuves. Je remets un peu de plaisir dans mes commentaires et je ne veux pas terminer cette année de manière trop fatigante parce que je l’étais (fatigué) après l’AVC.
Le public vous a manqué ?
Oui, bien sûr, parce que c’est le public qui m’a fait. J’ai eu beaucoup de popularité par les gens du vélo, par les amis du cyclisme qui étaient ravis de m’entendre. J’éprouve le besoin de retourner sur des compétitions. J’étais quelqu’un de timide, ça paraît bizarre de dire ça. Mais avec l’AVC, cette timidité revient.
Chez les commentateurs de cyclisme, la relève est assurée ?
Bien sûr ! Au départ, j’étais tout seul sur le Tour de France. J’assurais les départs et les arrivées. Maintenant, il y a une équipe de quatre animateurs qui se met en place. Donc c’est déjà beaucoup plus intéressant parce que si on évolue seul dans le stress, on sait qu’on ne peut compter que sur soi. Tandis que s’il y a un binôme qui s’installe, c’est mieux. J’aurais voulu avoir cette aventure-là.
Mais la relève est bien installée et tant mieux d’ailleurs. Je le vois avec Damien Martin (ndlr : son successeur au micro du Tour de France, entre autres) : la boucle est carrément bouclée ! J’ai quand même pris beaucoup de plaisir. On me propose de faire une BD. Je ne sais pas si je peux le faire mais j’ai quand même très envie parce que par où je suis passé, je me dis que vie est belle et qu’il faut prendre soin de soi et des autres. En profiter à plein temps.
