Donald Trump et Pete Hegseth à Palm Beach le 22 décembre 2025.  ( AFP / ANDREW CABALLERO-REYNOLDS )

Donald Trump et Pete Hegseth à Palm Beach le 22 décembre 2025. ( AFP / ANDREW CABALLERO-REYNOLDS )

Les Etats-Unis ont « besoin » du Groenland pour assurer leur sécurité face à la Chine et à la Russie, a martelé lundi Donald Trump malgré l’opposition des pays de l’UE à toute mainmise américaine sur ce territoire danois.

« Nous avons besoin du Groenland pour notre sécurité nationale », a déclaré le président américain lors d’une intervention aux côtés du ministre de la Défense, Pete Hegseth, à Palm Beach en Floride.

« Si on regarde les côtes du Groenland, il y a des bateaux russes et chinois partout. Nous en avons besoin pour notre sécurité nationale », a-t-il insisté, soulignant que les Groenlandais « ne sont pas protégés militairement » par Copenhague.

Ces propos interviennent après l’annonce par le chef d’Etat américain de la nomination d’un envoyé spécial pour ce vaste territoire autonome danois qu’il menace régulièrement d’annexer.

Cette nomination a provoqué une vive réaction de Copenhague et de l’Union européenne, qui a exprimé lundi sa « pleine solidarité avec le Danemark ».

Le Premier ministre du Groenland, Jens-Frederik Nielsen, et la Première ministre danoise, Mette Frederiksen, ont rappelé dans une déclaration que « les frontières nationales et la souveraineté des Etats sont fondées sur le droit international ».

« On ne peut pas annexer un autre pays. Pas même en invoquant la sécurité internationale », ont souligné les deux dirigeants, ajoutant attendre « le respect de notre intégrité territoriale commune ».

Copenhague a convoqué l’ambassadeur des Etats-Unis. « Nous avons tracé très clairement une ligne rouge », a indiqué le ministre danois des Affaires étrangères Lars Løkke Rasmussen.

« Tant que nous avons un royaume au Danemark qui se compose du Danemark, des Îles Féroé et du Groenland, nous ne pouvons pas accepter que certains sapent notre souveraineté », a-t-il prévenu à la télévision publique DR.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le président du Conseil européen, Antonio Costa, ont eux rappelé sur X que « l’intégrité territoriale et la souveraineté sont des principes fondamentaux du droit international ».

Carte montrant le Groenland, les Etats-Unis et le Danemark ( AFP / Guillermo RIVAS PACHECO )

Carte montrant le Groenland, les Etats-Unis et le Danemark ( AFP / Guillermo RIVAS PACHECO )

M. Trump a annoncé dimanche la nomination du gouverneur de Louisiane, le républicain Jeff Landry, au poste d’envoyé spécial des Etats-Unis au Groenland.

« Jeff comprend à quel point le Groenland est essentiel à notre sécurité nationale et il défendra avec force les intérêts de notre pays », avait-t-il souligné sur son réseau Truth Social.

Après son élection, Donald Trump avait déjà expliqué avoir « besoin » du Groenland pour la sécurité des Etats-Unis.

– « Formidable » pour le Groenland –

Jeff Landry a remercié M. Trump sur X pour cette mission visant à « faire du Groenland une partie des Etats-Unis ».

Le président américain Donald Trump (g) et le gouverneur de Louisiane, Jeff Landry, à la Maison Blanche, le 24 mars 2025 à Washington ( AFP / Brendan SMIALOWSKI )

Le président américain Donald Trump (g) et le gouverneur de Louisiane, Jeff Landry, à la Maison Blanche, le 24 mars 2025 à Washington ( AFP / Brendan SMIALOWSKI )

Il avait déjà salué en début d’année l’intention du président américain d’annexer le Groenland. « Nous devons faire en sorte que le Groenland rejoigne les Etats-Unis. Ce serait formidable pour lui, formidable pour nous! Faisons-le! », avait-il écrit sur X le 10 janvier.

Le Groenland, une immense île arctique peuplée de 57.000 habitants, répète ne pas être à vendre et vouloir décider seul de son avenir.

En janvier, 85% des Groenlandais s’étaient dits opposés à une future appartenance aux Etats-Unis, selon un sondage publié dans le quotidien groenlandais Sermitsiaq. Seuls 6% y étaient favorables.

Fin mars, le vice-président américain, JD Vance, avait provoqué un tollé en prévoyant de se rendre sur le territoire sans y avoir été invité.

Le vice-président américain JD Vance à la base aérienne américaine de Pituffik, le 28 mars 2025 au Groenland  ( POOL / Jim WATSON )

Le vice-président américain JD Vance à la base aérienne américaine de Pituffik, le 28 mars 2025 au Groenland  ( POOL / Jim WATSON )

Face à l’ire déclenchée au Groenland, au Danemark et à travers l’Europe, il avait limité son déplacement à la base aérienne américaine de Pituffik, la plus septentrionale des Etats-Unis.

Il avait profité de son séjour pour critiquer l’inaction supposée du Danemark au Groenland.

Fin août, la télévision danoise avait révélé qu’au moins trois Américains liés à Donald Trump avaient réalisé des opérations d’influence dans ce territoire polaire.