Dans la lutte contre le cancer, la recherche vient de se doter d’un nouvel outil : la radiothérapie stéréotaxique. Ce protocole de soins innovants a été développé à l’Institut Bergonié, à Bordeaux, en Gironde. Moins contraignant dans le temps et avec moins d’effets indésirables, il est notamment utilisé dans le traitement des cancers masculins.

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C’est un nouvel outil qui pourrait ouvrir une nouvelle voie dans la lutte contre les cancers. La « radiothérapie stéréotaxique » est venue compléter, depuis peu, l’arsenal dont font déjà partie les méthodes plus anciennes comme la chirurgie, la radiothérapie ou encore la chimiothérapie et les thérapies ciblées, pour venir à bout des cancers. À Bordeaux, cette radiothérapie innovante est utilisée principalement pour lutter contre les cancers masculins.

Jean-Paul Cendraz est suivi, depuis plusieurs mois, pour un cancer de la prostate à l’Institut Bergonié à Bordeaux. C’est la troisième fois en moins d’une semaine qu’il suit le protocole bien précis de la radiothérapie stéréotaxique, guidé par les soignants.

Pour cette troisième séance, il est pleinement rassuré, loin des appréhensions de son premier rendez-vous. « Il y a tout un rituel de positionnement qui est très important, lié à l’imagerie qui a été fait avant et pendant le traitement, explique-t-il. Il faut rester très immobile, mais on ne ressent bien sûr aucune douleur ».

Grace à l'imagerie, les soignants détermine aussi les zones à protéger des rayons.

Grace à l’imagerie, les soignants détermine aussi les zones à protéger des rayons.

© L.Cagnato/ France 3 Aquitaine

Cette technique innovante permet d’irradier la tumeur avec une très grande précision, grâce à la pose préalable de trois implants métalliques. « Chez ces patients, on va mettre trois grains d’or au niveau de la prostate, détaille le Dr Constance Huck, médecin radiothérapeute à l’Institut Bergonié. Ils vont être très visibles en imagerie et vont être suivis par notre machine durant toute la durée du traitement. »

Une précision à l’instar des radiothérapies externes actuelles qui offre des soins moins invasifs. « Cela n’a rien à voir avec la radiothérapie d’il y a dix ans, vingt ans où on traitait une « box », une boîte au milieu de laquelle il y avait notre organe cible, explique le Dr Vérane Achard, également radiothérapeute à l’Institut. Les organes autour recevaient une dose très importante. »

Autre avancée majeure : la durée du traitement est largement raccourcie. Il faut compter cinq séances en moyenne contre 20 ou 30 pour une radiothérapie classique. C’est ce qui a incité Jean-Paul à choisir cette option. « La vie est plus handicapante sur une longue période », estime celui qui confie qu’être « obnubilé » par le traitement et le « mot cancer qui tourne dans la tête » est moins dur sur une période plus courte.

Le patient est accompagné pour se positionner.

Le patient est accompagné pour se positionner.

© L.Cagnato/ France 3 Aquitaine

Dans la plupart des cas, les cancers de la vessie et de la prostate sont traités en chirurgie, par l’ablation totale de l’organe touché. Mais, aujourd’hui, cette technique de radiothérapie représente une alternative à la chirurgie.

Cette arme supplémentaire ne vise cependant pas à remplacer complètement le bistouri. « Pour certaines tumeurs, comme la prostate et la vessie, localisées, ces deux traitements peuvent être proposés et sont équivalents en terme d’efficacité oncologique », précise le Dr Vérane Achard. Comme elle le rappelle, c’est dans ce cas « le choix du patient ».

L'Institut Bergonié à Bordeaux est spécialisé dans la lutte contre le cancer.

L’Institut Bergonié à Bordeaux est spécialisé dans la lutte contre le cancer.

© L.Cagnato / France 3 Aquitaine

L’Institut Bergonié est aujourd’hui le seul centre de Nouvelle-Aquitaine à avoir pleinement intégré cette innovation dans son protocole de soins.

En France, le cancer de la prostate est le plus fréquent chez les hommes, avec près de 50 000 nouveaux cas révélés chaque année. Le cancer des testicules, plus rare, touche environ 2 500 hommes par an, souvent jeunes. Une meilleure information et des campagnes de prévention, comme celle de « Movember » tout au long du mois de novembre, permettent également aux hommes d’acquérir de nouveaux réflexes en matière de prévention et de dépistages.