Afin que le patron de LVMH puisse jouir tranquillement de son noël cubain, les autorités ont bloqué les alentours du navire de luxe à la population locale…

Afin que le patron de LVMH puisse jouir tranquillement de son noël cubain, les autorités ont bloqué les alentours du navire de luxe à la population locale. Des voitures de police interdisent aux pêcheurs l’accès à cette partie du Malecon, le mythique front de mer. Les Cubains se sont offusqués sur les réseaux sociaux que le gouvernement et son illustre hôte aient interdit l’accès aux pêcheurs, dans un pays où les habitants souffrent désormais de la faim.

Le yacht du milliardaire de 76 ans, dont la valeur est évaluée à 150 millions de dollars, peut accueillir 16 invités et un équipage de 27 personnes. Outre des piscines et des jacuzzis, la seule présence de ce luxueux vaisseau apparaît comme incongrue, alors que l’île s’enfonce dans une crise économique et sanitaire qu’elle n’a jamais connue depuis la révolution cubaine de 1958.

Crise sanitaire

Selon une étude de l’Observatoire cubain des droits humains (OCDH), une ONG tolérée par le régime, 89 % de la population vit sous le seuil de pauvreté. « La situation alimentaire demeure catastrophique. Sept Cubains sur dix ont cessé de prendre le petit-déjeuner, le déjeuner ou le dîner faute d’argent ou en raison des pénuries alimentaires. Cette proportion passe à huit sur dix chez les personnes de plus de 61 ans. Seul un quart environ de la population n’a pas rencontré de difficultés d’accès à la nourriture », souligne l’étude.

De plus en plus de personnes âgées mendient désormais dans la rue, une chose qui n’existait pas il y a encore trois ans. Et Cuba vit depuis cet été au temps des épidémies croisées, transmises par les moustiques : chikungunya, mais aussi dengue, zika et fièvre oropouche. Plus d’un tiers de la population, souvent dénutrie, a été contaminée. Les autorités ont reconnu plusieurs dizaines de décès, des chiffres officiels largement sous-estimés.

Cette crise sanitaire s’ajoute à une crise économique structurelle, avec des pannes de courant quotidiennes de quatre à six heures dans la capitale et de 18 heures dans la région de Santiago de Cuba. Au point de mettre en danger l’industrie touristique, la principale source de revenus de l’île communiste. L’Office national de la statistique a confirmé qu’au premier semestre 2025, le nombre de visiteurs dans l’île s’est effondré de 21,5 % par rapport à la même période de l’année dernière.