Rennes, le 23 décembre 2025 — Lancée à l’échelle nationale à la demande du ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, l’opération « Fouille XXL » devait marquer un tournant dans la lutte contre l’introduction d’objets illicites en détention en France. Mais au centre pénitentiaire de Rennes-Vezin, l’action menée lundi soir à 19 h 30 n’aura abouti qu’à des résultats jugés très modestes par les représentants syndicaux.
Lundi 22 décembre, à 19h30, les forces pénitentiaires sont intervenues dans le Quartier Courte Peine (QCP). Au terme de l’opération, le bilan est tombé : cinq grammes de stupéfiants et un bang retrouvés (accessoire utilisé pour fumer, le plus souvent du cannabis). Il serait bien loin des saisies massives observées dans d’autres établissements depuis le début de l’opération nationale. «À travers cette opération pathétique, c’est surtout le ridicule qui est jeté sur l’ensemble de notre établissement », peut-on lire dans le texte publié mardi.
Dans le même communiqué, le syndicat dénonce l’important dispositif humain déployé pour une opération jugée disproportionnée. Des agents venus d’autres unités, y compris du centre de formation, ainsi que des maîtres-chiens, ont été mobilisés. «Nous osons à peine imaginer leur frustration d’avoir participé à une telle mascarade. Les agents, déjà surchargés d’heures supplémentaires, se voient rappelés pour participer à une fouille XXL… qui n’avait manifestement de XXL que le nom », ironise encore FO Justice.
Après cette intervention, la direction aurait salué les découvertes, estimant qu’elles traduisaient « la bonne sélection des détenus » dans le QCP. Une interprétation que le syndicat rejette fermement. « C’est une preuve supplémentaire que nos responsables sont déconnectés du terrain », réplique FO, qui estime que le véritable problème se situe dans d’autres quartiers du centre, notamment la Maison d’arrêt, où « les produits et objets illicites débordent ».
Le ton du syndicat se durcit encore lorsqu’il évoque les agents sanctionnés pour avoir mené des fouilles inopinées malgré des résultats positifs. «Certains se font aujourd’hui réprimander au lieu d’être félicités lorsqu’ils découvrent des smartphones dans des cellules de détenus particulièrement signalés», déplore FO Justice. «Avec l’action de cette nuit, le bureau local FO s’inquiète fortement de la politique actuelle de l’établissement. Nous doutons sérieusement que notre direction se rende compte que ce que souhaitent les agents, c’est rétablir l’ordre, et non baisser le pantalon pour une pseudo-paix sociale.»