Par

Zoe Hondt

Publié le

23 déc. 2025 à 18h00

Une folle course-poursuite. Les faits se sont déroulés vendredi 19 décembre à Roubaix (Nord). Un jeune homme de 24 ans a tenté d’échapper à la police en prenant la fuite à toute vitesse. Il a enchaîné les infractions routières jusqu’à causer un accident, sans faire de blessés. Les policiers n’ont pas tardé à comprendre pourquoi l’homme avait tenté de disparaître. Lundi 22 décembre 2025, il a été jugé en comparution immédiate au tribunal de Lille (Nord). Récit.

« Vous aimez tant que cela la prison ? »

Roubaix (Nord), 22 h 05. Vendredi 19 décembre, des policiers municipaux patrouillent jusqu’à apercevoir un conducteur téléphone en main, au croisement de l’avenue Jean-Baptiste Lebas et de la rue Nationale. Ils signalent leur volonté de le contrôler avec le gyrophare, mais trop tard. Le conducteur prend la fuite à toute allure et cumule les infractions routières : « Il accélère, roule sur la piste cyclable, grille des feux rouges et dépasse par la droite les autres véhicules. » Alors qu’il « tente de se faufiler entre une voiture et une autre stationnée », il percute cette dernière. Mais ce n’est pas fini ! L’homme sort de son véhicule et continue à pied. Il se dirige vers un livreur de pizzas immobilisé à un feu rouge et essaye de lui voler son scooter. Pas de chance, ce dernier « ne se laisse pas faire » et l’oblige à abandonner. Le fugitif tente le tout pour le tout et se cache sous un véhicule stationné. Il est finalement rattrapé et interpellé.

Les policiers comprennent directement pourquoi l’homme de 24 ans a pris la fuite. Bracelet électronique à la cheville, il conduisait également sans permis. « Vous aimez tant que cela la prison ? En tout cas vous faites tout pour y retourner ! » assène le président du tribunal. Dans le box, le prévenu raconte avoir passé la soirée chez sa sœur, à un kilomètre de son domicile. Celle-ci lui aurait prêté sa voiture, pour qu’il rentre plus rapidement. « Je devais rentrer à 22 heures. J’ai accéléré pour ne pas être en retard. » explique-t-il. Le président n’est pas convaincu et déplore la dangerosité des faits : « À votre âge, un kilomètre ça se fait en dix minutes en petites foulées. » Sur le banc des victimes, un avocat représente la propriétaire du véhicule accidenté.

« Demain, vous auriez pu tuer quelqu’un ! »

L’avocat de la partie civile est remonté : « Je trouve ça déplorable. Demain, vous auriez pu tuer quelqu’un ! » Sa cliente souhaite attendre l’estimation des dégâts causés, pour demander des dommages et intérêts. L’avocat de la défense veut, quant à lui, rassurer : « Il se fait déjà la morale à lui-même et a entamé des démarches pour repasser le permis de conduire. » Il défend les « situations professionnelle et personnelle stables » de son client, et fait état de son « ambition ». Le prévenu possède deux diplômes d’études supérieures et est auto-entrepreneur.

« Il aurait mieux fait de rentrer à pied ! » sermonne la procureure. Elle rappelle que ce n’est pas la première fois que le prévenu fait face à la justice. Onze mentions figurent à son casier judiciaire, dont cinq pour des infractions routières. Refus d’obtempérer, blessures routières involontaires, conduite sans permis… le prévenu de 24 ans n’avait jusqu’alors écopé que d’amendes ou d’aménagements de peine. « Il a eu de la chance, mais il a brisé la confiance. »

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Elle requiert quatorze mois d’emprisonnement pour l’intégralité des faits et l’interdiction pour le prévenu de conduire tout véhicule à moteur pendant trois mois. Finalement, le tribunal confirme les réquisitions et condamne le jeune homme à quatorze mois de prison ferme.

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