l’essentiel
Tisséo va entreprendre des études pour prolonger le téléphérique vers Basso Cambo d’un côté et vers Malepère de l’autre.
Inauguré en mai 2022, Téléo, avec ses 3 km, n’est plus le téléphérique urbain le plus long de France. Depuis le 13 décembre, il a cédé la première place au « Câble C1 », qui, dans la région parisienne, relie Créteil à Villeneuve-Saint-Georges sur 4,5 km.
Mais Toulouse n’a pas dit son dernier mot. Et pourrait reconquérir son titre. Lors de l’assemblée de Tisséo Collectivités le 17 décembre, la question de l’extension de Téléo est revenue sur la table. Ce n’est une première car elle a été posée dès la conception du projet. Avant le début de la construction de Téléo, des études de faisabilité ont ainsi été menées en 2015 pour l’extension vers Basso Cambo, et en 2016-2017 vers la ZAC de Toulouse Aerospace.
Vers Basso Cambo et Malepère
Sur le tracé actuel, de l’université Paul-Sabatier à l’Oncopole en passant par l’hôpital Rangueil, le téléphérique permet de grimper la colline de Pech-David et de survoler la Garonne. Dès sa création, il a dû surmonter un obstacle : le survol du lycée Bellevue qui a entraîné un changement d’emplacement de la station Université Paul-Sabatier. Mais dans cette zone peu urbanisée, Téléo a pu voir le jour facilement. Qu’en sera-t-il pour ses extensions ?
Lors des études, des corridors de passage avaient été envisagés. La mission confiée à Tisséo Ingénierie, qui conçoit et construit les lignes de transports en commun, devra les mettre à jour. La faisabilité technique, l’insertion urbaine, l’évaluation du coût, l’étude de tracés alternatifs sont au programme.

Les extensions envisagées à l’est et à l’ouest.
Côté Ouest, le but est de rejoindre Basso Cambo, terminus de la ligne A du métro, en passant sur l’autoroute A 64. Une connexion à une future halte ferroviaire Oncopole, envisagée dans le cadre du RER, sera analysée.
Côté Est, Tisséo veut relier l’université à la 3ᵉ ligne à Aerospace Campus, proche d’Airbus Defense and Space. Une station intermédiaire est envisagée avec le survol du bâtiment B 612. Et surtout un prolongement vers le quartier Malepère, aux portes de Saint-Orens. Un tracé alternatif doit aussi être étudié avec une connexion à une autre station de la 3ᵉ ligne : Montaudran Gare.
Dans le cadre de la campagne des municipales, Jean-Luc Moudenc, candidat à sa succession, a proposé l’extension vers Malepère. Le lancement d’études dès maintenant, sans attendre l’élection, a été dénoncé par Marc Péré. Le maire de L’Union, membre du groupe Insoumis-citoyens de la Métropole, qui ne siège pas à Tisséo, voit là « une méthode inacceptable » qui consiste « à utiliser Tisséo pour donner corps à une promesse électorale ». Ce reproche a été repris par Maxime Le Texier, membre du même groupe, à la Métropole jeudi.
« Il s’agit d’une mise à jour d’études de préfiguration », fait remarquer Jean-Michel Lattes qui souligne que le texte a été voté à l’unanimité des membres de Tisséo, y compris les élus socialistes, du Sicoval et du Muretain, « après un débat favorable ». Tisséo Ingénierie doit rendre sa copie dans dix mois, après les élections de mars.