« Cela fait une heure que je patiente », sourit Gilles dans sa veste K-Way, sans la moindre trace d’agacement. Ce mercredi 24 décembre, sous les Halles centrales, vers 10 h, l’attente fait partie du rituel des festivités pour tous et toutes. Ici et là, les files s’étirent devant les étals des poissonniers, des bouchers, des volaillers, et même chez des maraîchers. Rien d’inhabituel à quelques heures du réveillon où le chapon et les huîtres trouveront bien des amateurs sur la table de la grand-mère ou de la belle-mère.
À cette heure-là, l’affluence est tout de même plus nombreuse devant les poissonneries et les boucheries. Les plateaux de fruits de mer se préparent à la chaîne, devant des ardoises noires où sont notées les commandes des Rennais et des Rennaises. Pourtant, personne ne semble pressé. Personne ne s’énerve devant les commerces. L’esprit des fêtes est déjà bien là, solidement installé dans les têtes. « On ne va pas gueuler le jour de Noël », glisse une cliente, emmitouflée dans son manteau.
Cette année, dans la cour, un marchand d’huîtres a fait le déplacement de Cancale. Il écale sans relâche, sans se blesser. Mais à la différence de nombreux commerçants, il n’a pas joué le jeu du bonnet rouge, clin d’œil discret, mais partagé au Père Noël. « Les gens viennent surtout chercher leurs commandes », explique un boucher, penché sur son comptoir. « Pour les courses, c’est surtout des petites choses, des oublis de dernière minute. »
Ce mercredi, les Halles bruissaient d’un joyeux mélange de conversations, de balances qui bipent. On prend son temps, on échange un mot, parfois un vœu. « Joyeuses fêtes », hèle un client à son volailler. Noël se profile sous les meilleurs auspices. Et pour certains, la matinée se conclura comme il se doit, avec un petit blanc bu (avec modération) au comptoir du bistrot d’à côté, Chez Ma Tante. Joyeux Noël à tous