Vous avez joué le 10 octobre dernier au théâtre Fémina. Vous l’aviez rêvé ?
C’était l’un de mes objectifs quand j’ai démarré. Je m’asseyais dans les salles, que ce soit le Trianon, le Fémina, le Rocher de Palmer, en me disant « peut-être qu’un jour ça sera moi ». Et quand ça a été mon tour, j’ai juste savouré. C’était quelque chose de fort émotionnellement. Il y avait mes parents qui étaient là et à la fin, j’ai fait monter ma sœur pour qu’elle fasse des blagues. C’est vraiment agréable de venir jouer ici parce que je sais que le public bordelais est quand même très chaleureux et surtout parce que c’est là où j’ai démarré donc il y a une certaine énergie que je n’aurais jamais ailleurs.
Quelle est la première personne qui vous a fait rire ?
Ma mère et mon père, ce sont deux comiques. Après évidemment, j’ai regardé des cassettes de Gad Elmaleh, de Jamel Debbouze, j’ai beaucoup regardé le Jamel Comedy Club aussi quand j’étais jeune. Ça m’a beaucoup inspiré, mais c’est vrai que les premiers modèles que j’ai autour de moi, ce sont mes parents et ils ont nourri mon premier spectacle et ils vont nourrir mes shows encore longtemps.
« Avant, il y avait très peu de plateaux et on était peut-être 10 ou 15 humoristes à Bordeaux. Aujourd’hui, c’est plus compliqué de se démarquer »
Comment est-ce que vous vous décririez aux personnes qui ne vous connaissent pas ?
Nordine, il est lui-même. Il est solaire, il est généreux, il est authentique. Il est marrant surtout. Je pense qu’il y a un peu de tout ça et ça a fait une certaine singularité. Parce qu’aujourd’hui l’humour, c’est quand même beaucoup d’agressivité, beaucoup de gens qui rentrent dedans de manière incisive que ce soit sur le public ou même sur la politique etc. Moi je ne suis pas dans ça, je parle des choses qui m’inspirent et tout ce qui nous entoure.
Ainsi, il y a une part de vérité dans l’écriture de vos spectacles ?
Tout est vrai. Tout ce que je raconte, ce sont des trucs que j’ai vécus ou que je vis encore aujourd’hui et qui m’ont peut-être parfois traumatisé. Je pars du principe que tout ce qui t’a fait du mal, ça peut être un sujet à blague. Donc aujourd’hui, je continue dans cette lignée et j’espère que toute ma vie j’aurai des choses à raconter.
Il y a de plus en plus de scènes de stand-up à Bordeaux. Comment vous voyez cette mode grandissante, vous qui êtes passé par là ?
C’est devenu un métier à part entière et il faut être encore plus exigeant sur son travail pour se renouveler parce qu’il y a du monde et chacun propose des choses différentes. Avant, il y avait très peu de plateaux et on était peut-être 10 ou 15 humoristes à Bordeaux donc on jouait régulièrement. Aujourd’hui, c’est plus compliqué de se démarquer.

Nordine Ganso est originaire de Cenon et a commencé sa carrière en 2014.
Fabien Cottereau / SO
Vous serez le parrain de la 10e édition des Fous rires de Bordeaux et vous allez également monter sur scène…
Je suis un tonton, genre un tonton jeune (rires). C’est important que ce festival soit représenté par des locaux avant d’être incarné par des acteurs nationaux. C’est une fierté parce que quand j’étais au début de ma carrière, j’ai participé au début du festival. Et aujourd’hui, je suis au rang de parrain ! Et c’est cool de voir qu’à Bordeaux on me considère aussi, c’est important d’être considéré par les siens avant de pouvoir décoller ailleurs.
Après votre dernier spectacle « Violet », il y a un nouveau en préparation ?
Oui, ça s‘appellera « Blanc ». Et l’idée, ça sera de parler de moi de façon plus mature, de raconter ma nouvelle vie et d’aborder des sujets que je n’ai pas eu l’occasion d’aborder sur « Violet ». Et donc là, ça sera la suite de Nordine et j’espère qu’elle sera plus belle encore.
Donc il va falloir changer la garde-robe à chaque spectacle ?