Côté ciné : plutôt monument avec Apocalypse Now, ou blockbuster avec Running Man ?
C’est Noël dans notre sélection ciné, qui s’intéresse cette semaine non à un, mais deux films projetés dans l’agglomération strasbourgeoise !
Pour les amateurs de classiques, il faudra évidemment lorgner du côté de la projection d’Apocalypse Now Final Cut, samedi 27 à 21h au cinéma Star. Le (très) long-métrage (3h02 tout de même) de Francis Ford Coppola, peut-être son film le plus important, donne à voir quelque chose de la folie barbare que fut le conflit du Vietnam dans les années 1960-1970.
Tourné aux Philippines dans des conditions inimaginables (lire notre chronique complète), Apocalypse Now est l’enfant d’un cinéaste mégalomane livré à lui-même. Une oeuvre expiatoire, un questionnement sur le sens même de ce conflit, du comportement qu’y ont eu les Etats-Unis. Et qui interroge la nature la plus sombre de l’homme, aussi. La figure du colonel Kurtz, incarné par Marlon Brando, y est inoubliable, tout comme l’est celle du capitaine Willard (Martin Sheen), confronté au choix le plus difficile de son existence. « Je voulais que l’Amérique regarde en face le visage de l’horreur et l’accepte comme sien », a dit Coppola. L’horreur de la guerre, l’horreur de ceux qui y perdent la raison, l’horreur de ceux qui donnent les ordres sans se dépareiller jamais de leur vernis de civilisation. Aujourd’hui encore, une sacrée leçon.
Samedi 27 à 21h au cinéma Star.
Cours, Ben Richards, cours !
Plus léger, mais pas forcément moins intéressant, le Running Man nouveau mérite également que l’on s’attarde quelques instants sur son cas. Adaptation d’un livre de Stephen King initialement publié sous son pseudonyme Richard Bachman, le long-métrage est également un discret remake du film de Paul Michael Glaser, qui en 1987 mettait au premier plan la star à biscottos de l’époque, Arnold Schwarzenegger.
Bonne surprise, la version 2025 échappe à la redite bête et méchante ainsi qu’au statut de blockbuster décérébré, distillant au détour de son intrigue (un homme doit survivre à ses poursuivants pendant trente jours, pour une émission télé) une salutaire prise de position contre la dictature et l’oppression, mais aussi contre ces monstres du divertissement prêts, pour l’audience, à toutes les abjections.
Au coeur de la proposition, Glen Powell assume son statut de nouvelle valeur sûre d’Hollywood et ajoute une prestation de qualité de plus à son curriculum vitae. 2h13 mn d’action bien troussée, qu’on ne verra pas passer…
Au Pathé Brumath et à l’UGC Ciné-Cité.
N.B.