« Dès vendredi, quand je suis passé aux allées et que j’ai vu les bancs, il m’est apparu évident que leur emplacement n’était pas pertinent », reconnaît l’adjoint au maire en charge de la nature en ville et des quartiers apaisés. Un rapide échange avec les services de Bordeaux Métropole, en charge de ces aménagements, et « l’erreur partagée » est reconnue. Mais en cette fin de semaine, pas le temps pour les services de la régie de rectifier le tir avant ce week-end d’avant Noël qui laissera le champ libre au buzz sur les réseaux sociaux, entre politiques fustigeant le manque de sérieux de l’équipe municipale et riverains raillant l’entrée « en absurdie ».

Malgré les plans initiaux, présentés à l’issue de la concertation, c’est bien sur les platelages en bois que tous les bancs seront installés.
Claude Petit / SO
Rétropédalage malgré les plans
Didier Jeanjean s’explique sur ce « quiproquo ». Pour mémoire, à l’issue de la concertation menée au printemps 2024, une volonté d’apaisement partagée induisait la restriction du stationnement. Sur plans, cela se traduit par des platelages en bois, qui, en face des restaurants, proposeront des terrasses, quand ailleurs des bancs seront mis à disposition des promeneurs. Pour l’élu, « ces bancs auraient donc dû se trouver sur un platelage ». D’où sa réaction immédiate vendredi 19 décembre, et la question qui s’ensuit « de les maintenir en place ».
Mais au regard de la bronca suscitée jusque dans les rangs des Motards en colère de Gironde, le rétropédalage s’est imposé, avec un communiqué teinté d’humour. « Car je ne suis pas de ceux qui restent dans l’entêtement pour dire que je n’ai pas fait d’erreur », déclare Didier Jeanjean.

Plan des aménagements transitoires présenté à la mairie en mai 2025.
Repro SO
Reste qu’à regarder de près les plans présentés en avril dernier par Jean Faure, de L-atelier des possibles, cabinet de designers urbains chargé de cette mission préalable, lesdits bancs figurent bien sur une zone dépourvue de terrasse. Mais intégrée à l’une de ces « vaguelettes bleues » dessinées sur la chaussée selon le principe du « design actif », invitant les automobilistes à adapter leur vitesse de circulation.
Quant à ceux qui s’insurgent contre des dépenses inutiles engendrées par cet épisode, Didier Jeanjean tient à les rassurer. « Cela n’aura aucun coût supplémentaire puisque l’intervention a été faite en régie. » Et de préciser que cette étape transitoire, illustration de l’urbanisme pragmatique instauré durant la mandature, est loin de se chiffrer « aux 15 millions d’euros que l’on voit partout ». Une enveloppe dévolue à l’intégralité de la réhabilitation des allées de Tourny qui, depuis la présentation du projet, a été revue à 13 millions d’euros. « Avec une participation de la Ville désormais inférieure », pour un montant de 5,5 millions d’euros. Et dont les aménagements transitoires en bois et leur végétalisation, en cours d’achèvement, s’élèvent à 350 000 euros.