La grippe circule de plus en plus en Auvergne. Si les urgences du CHU de Clermont-Ferrand ne sont pas encore saturées, les indicateurs montrent une nette accélération de l’épidémie. Le pic pourrait survenir dès le début du mois de janvier, voire plus tôt.
La Quotidienne Société
De la vie quotidienne aux grands enjeux, recevez tous les jours les sujets qui font la société locale, comme la justice, l’éducation, la santé et la famille.
France Télévisions utilise votre adresse e-mail afin de vous envoyer la newsletter « La Quotidienne Société ». Vous pouvez vous désinscrire à tout moment via le lien en bas de cette newsletter. Notre politique de confidentialité
Fièvre, courbatures, fatigue… La grippe s’installe en ce début d’hiver en Auvergne. Au CHU de Clermont-Ferrand, la situation reste pour l’instant sous contrôle. « On observe un peu plus de patients atteints de la grippe, mais cela représente au maximum quatre à cinq entrées supplémentaires par jour aux urgences », explique le professeur Farès Moustafa, chef du service des Urgences. Une augmentation qui, à ce stade, ne permet pas encore de parler d’une réelle tension sur le service. En revanche, les données issues des tests virologiques montrent que le taux de positivité a fortement progressé en quelques semaines, passant de 0,8 % en semaine 47 à plus de 10 % en semaine 51. « On observe une multiplication par deux environ depuis la semaine 47 », souligne le chef des urgences.
Pour les soignants, la région est entrée dans la phase ascendante de l’épidémie. « Nous sommes clairement au début de l’ascension du pic épidémique », indique le professeur Moustafa. Comparée à l’an dernier, cette montée débute environ une semaine plus tôt. Si la dynamique actuelle se confirme, le pic pourrait survenir dès la fin du mois de décembre ou au tout début du mois de janvier, alors que l’an dernier il avait été atteint après les vacances scolaires. Une temporalité qui inquiète à l’approche des fêtes.
À l’échelle nationale, les laboratoires de ville affichent un taux de positivité autour de 22 %, contre 12,4 % dans les hôpitaux. À Clermont-Ferrand, le pic maximal avait atteint 41 % l’hiver dernier. « Nous sommes déjà à peu près à la moitié du pic avant Noël », alerte le médecin. Les rassemblements familiaux des 24, 25 et 26 décembre, synonymes de fort brassage de population, pourraient favoriser une accélération de la circulation du virus.
Face à cette situation, plusieurs mesures ont été anticipées. Depuis moins d’une semaine, le port du masque est de nouveau obligatoire à l’hôpital pour les soignants, les patients et les visiteurs. Par ailleurs, une dizaine de lits supplémentaires ont été ouverts dans des unités hivernales depuis le 15 décembre, afin d’accueillir les patients nécessitant une hospitalisation liée aux pathologies saisonnières. Cette année, c’est principalement la grippe A qui circule sur le territoire.
Le professeur Moustafa insiste sur l’importance de la vaccination. « On a le sentiment que le vaccin fonctionne un peu mieux cette année », affirme-t-il. Les chiffres confirment cette tendance : parmi les personnes testées, 13 % des vaccinés sont positifs contre 26 % des non-vaccinés, alors que la moyenne nationale se situe autour de 22 %. Au-delà de la protection contre l’infection, la vaccination permet aussi de réduire la gravité des symptômes. « Lorsqu’elles sont infectées, les personnes vaccinées présentent généralement des formes plus atténuées », rappelle-t-il.
Malgré une circulation plus précoce, l’épidémie ne semble pas plus agressive que celle de l’hiver précédent. Aucune augmentation notable des hospitalisations ni des passages en réanimation n’a été observée. Certains patients présentent toutefois des symptômes marqués, avec de fortes fièvres, des douleurs musculaires importantes et une fatigue intense, variables selon les variants en circulation. À l’approche des fêtes, les soignants appellent à la responsabilité collective. Port du masque, aération régulière des espaces, lavage des mains et vaccination restent les meilleurs outils pour limiter la propagation du virus. « Il faut être particulièrement attentif aux personnes fragiles, comme les personnes âgées ou celles sous traitements lourds », conclut le professeur Farès Moustafa, alors que la période des rassemblements familiaux débute sous haute surveillance sanitaire.