Par

Emilien Jacques

Publié le

25 déc. 2025 à 10h17

Dans le hall d’entrée du Centre hospitalier intercommunal (CHI) Louviers – Elbeuf – Val-de-Reuil, situé à Saint-Aubin-lès-Elbeuf (Seine-Maritime), un stand de friandises tenues par l’association caritative elbeuvienne le Rotary Club. Quelques mètres plus loin, dans un bureau du service pédiatrie, Jérôme Revel et Esther Bastendorff enfilent des tenues pour le moins colorées et s’apprêtent à devenir Guy Gluck et Gaufrette…

Ce drôle de manège s’est déroulé le mercredi 17 décembre 2025, alors que l’association de clowns hospitaliers Les petites mains, basée à Val-de-Reuil, célébrait ses dix ans d’action auprès des enfants de l’établissement des Feugrais. L’occasion de rencontrer ceux qui font le bonheur des petits patients depuis une décennie.

Des professionnels du rire

Il ne manque plus que son nez rouge à Jérôme Revel pour incarner pleinement son personnage de Guy Gluck. Il est donc encore temps de discuter avec le président de l’association Les petites mains, avant qu’il ne devienne, pour une journée, le clown professionnel qui déambule dans les couloirs du CHI depuis 2015.

À l’époque, Jérôme Revel se souvient avoir été contacté par l’hôpital afin d’offrir un spectacle dans le service pédiatrie. « Es-tu prêt à revenir ? », lui a-t-on demandé quelques mois après. À ce moment-là, celui qui sort tout juste de son école de clown ne s’imagine pas qu’à l’issue des dix années qui vont suivre, il aura monté son association Les petites mains, deux clowns professionnels l’auront rejoint et qu’ensemble ils auront mis du baume au cœur à près de 5000 enfants.

L’indispensable Rotary Club

Si tout ce que n’aurait jamais soupçonné Jérôme Revel, ou Guy Gluck, a été rendu possible, c’est grâce à l’action « Bouquet de l’espoir » menée par le Rotary Club d’Elbeuf (Seine-Maritime). Chaque année, l’association, qui aura 60 ans en 2026, propose une vente de bouquets de tulipes que ses membres plantent, puis récoltent eux-mêmes, au mois de mars. « Nous avons beaucoup de bénévoles qui viennent travailler pour cette action, souligne Lydie Meyer, présidente du Rotary. C’est un vrai temps fort ».

Vidéos : en ce moment sur Actu
Le Rotary Club d'Elbeuf, qui finance les interventions des clowns, était au rendez-vous pour fêter les dix ans de cette initiative.
Le Rotary Club d’Elbeuf, qui finance les interventions des clowns, était au rendez-vous pour fêter les dix ans de cette initiative. ©Emilien Jacques

Ainsi, depuis dix ans, cette vente permet de financer l’activité des clowns professionnels au Feugrais, pour la plus grande émotion de Lydie Meyer : « Ça me touche énormément. Ils font ce que nous, on ne saurait pas donner à ces enfants hospitalisés. »

Votre région, votre actu !

Recevez chaque jour les infos qui comptent pour vous.

S’incrire
Un accompagnement unique

Des sourires, des éclats de rire, du réconfort, voilà ce que leur donnent justement Jérôme Revel, Esther Bastendorff et Julie Cayeux, alias Guy Gluck, Gaufrette et Mélodie Patate, à raison de deux fois par mois et de sept mois par an. Les clowns, opérant toujours en duo, rendent visite aux enfants dans leur chambre, pour un échange privilégié et personnalisé en fonction de leur pathologie et du service dans lequel ils sont hospitalisés.

Nous ne sommes pas juste des clowns qui viennent faire un spectacle.

Esther Bastendorff, clown professionnelle, alias Gaufrette.

En effet, les clowns improvisent à chacune de leur intervention pour répondre au mieux aux attentes et besoins de leurs jeunes interlocuteurs. « Il y a vraiment cette idée de développer une relation particulière avec l’enfant », poursuit Jérôme Revel. « C’est un moment uniquement à lui, ce n’est pas le nôtre », complète finalement sa partenaire Gaufrette.

« Une vraie place pour l’artiste dans ces milieux-là »

Chaque année, ce sont cinq cents enfants qui bénéficient de leur petite entrevue clownesque à l’hôpital des Feugrais. Après dix années, le décompte donne le vertige mais rend surtout fiers les membres de l’association Les petites mains.

« Nous sommes très émus de cette réussite et très fiers de voir l’intérêt qu’on nous porte. On sent qu’il y a une vraie place pour l’artiste dans ces milieux-là », confie Jérôme Revel.

C’est pour cette raison que le comédien exprime le souhait d’intervenir au CHU Charles-Nicolle de Rouen : « On se dit qu’un hôpital de cette taille mériterait d’avoir des clowns… » Aujourd’hui une chose est sûre, c’est que les enfants du CHI, eux, ont de la chance de les avoir, ces clowns.

Personnalisez votre actualité en ajoutant vos villes et médias en favori avec Mon Actu.