En 1971, Claude Mollard rejoint la petite équipe chargée de concevoir et de bâtir le Centre Pompidou. Il y restera jusqu’en 1978, soit un an après l’inauguration du bâtiment le 31 janvier 1977. Il occupe alors le poste de secrétaire général de cet établissement à l’architecture novatrice. Dès sa première année d’ouverture, le Centre attire près de dix millions de visiteurs, devenant un phénomène culturel inédit à l’échelle mondiale. Conçu et réalisé en seulement six ans, ce projet hors norme connaît un retentissement populaire et international considérable. Pendant sept années, Claude Mollard raconte au jour le jour le déroulement de cette aventure dans son journal. Il y est notamment question, d’une architecture audacieuse, repoussant les limites du possible sur les plans technique et financier, portée par deux architectes visionnaires encore au début de leur carrière : Renzo Piano et Richard Rogers.

“Le Centre Pompidou est à la fois un centre qui, au double sens du mot, s’installait en plein cœur de Paris. Donc il était dans la centralité. C’était même provocateur d’une certaine manière. Et en même temps, il regroupait toute une série d’activités qui attiraient les jeunes, à savoir l’art contemporain. L’accès direct aux livres, ça n’existait pas. On entrait dans une bibliothèque. Il fallait attendre qu’un personnel vous serve. On ne touchait pas les livres dans les bibliothèques à l’époque. C’était une véritable révolution. Il y avait la musique contemporaine, le design, donc c’était un grand mélange, un grand carrefour et tout cela ne pouvait que nous plaire, bien entendu, puisque nous nous aspirions à cette époque à sortir des hiérarchies, à sortir des cloisonnements disciplinaires. L’Université était très hiérarchisée et d’ailleurs Mai 68 était une sorte de protestation contre ces cloisonnements universitaires. Et donc le Centre Pompidou, c’était la culture à tous les rayons et librement accessibles.”

Claude Mollard, L’Epopée Beaubourg, de la genèse à l’ouverture, 1971-1978, éditions du Centre Pompidou.

Les brèves du jour :

  • Une nouvelle tombola pour espérer gagner un Picasso : renouvelant l’opération de 2020, cette loterie permet d’acquérir un tableau de grande valeur pour la somme de 100 euros et vise cette fois à verser des fonds à la recherche contre la maladie d’Alzheimer. L’œuvre mise en jeu, d’une valeur d’1 million d’euros, est encore une fois un tableau de Pablo Picasso : Tête de femme, une gouache sur papier représentant un portrait de sa muse Dora Maar, réalisé pendant la seconde guerre mondiale en 1941. 120 000 billets sont disponibles en ligne et le tirage aura lieu le 14 avril 2026, chez Christie’s à Paris.
  • En Egypte, des archéologues ont mis au jour les vestiges d’un temple solaire rare vieux de 4500 ans : identifié dès 1901 par l’archéologue Ludwig Borchardt, le site n’avait jamais été fouillé en raison du niveau élevé des nappes phréatiques. Une mission italienne, dirigée par les égyptologues Massimiliano Nuzzolo et Rosanna Pirelli a révélé pour la première fois plus de la moitié du temple solaire de plus de 1000 m2, longtemps enfoui sous des sédiments du Nil. Construit dans la nécropole d’Abousir par le pharaon Niouserrê de la Ve dynastie, il était dédié au culte du dieu Rê, principalement représenté sous la forme d’un homme à tête de faucon, coiffé d’un disque solaire protégé par un cobra. Des bases de colonnes, des revêtements muraux, des seuils en granite ainsi qu’une rampe inclinée, ont été identifiés et seront analysés dans les moindres détails par les experts.