« Tu ne joues jamais pour faire un match nul. » Que Laurent Monestier se rassure, il n’en verra pas beaucoup dans sa carrière d’entraîneur. En revanche, il s’en souvient bien d’un. Celui du dimanche 22 janvier 2023, au Stade Matter. Les joueuses de Nancy-Seichamps recevaient Besançon pour le compte du championnat de Fédérale 1 et n’avaient pas réussi à inscrire le moindre point ce jour-là… Tout comme leurs adversaires. Résultat un joli 0-0. Inédit mais quasiment inoubliable pour le coup. « On jouait un premier de poule, mais avant même le coup d’envoi, il est vrai qu’il n’y avait déjà pas beaucoup de signes positifs. »
Elisa Schoindre : « En huit ans de pratique de rugby, je n’ai jamais vu ça »
« Le terrain était enneigé à moitié, on ne voyait même plus les lignes. C’est nous qui nous étions mis à refaire les lignes avec ce que l’on pouvait. Il faisait entre 3 et 4 degrés… » Bref, un bon dimanche de rugby. Sauf que ce jour-là, il n’y avait en effet pas grand-chose à se mettre sous la dent. « Les conditions n’étaient pas folles, admet Elisa Schoindre. Mais on a eu deux équipes qui ont défendu très fort. »
Oui parce que ce 0-0 veut aussi dire ça. Deux équipes qui ont finalement bataillé corps et âme sans jamais pouvoir certes concrétiser. Il y a quand même eu une pénalité de chaque côté mais sans réussite. « On dit souvent que le score ne reflète pas la physionomie du match, explique Elisa Schoindre. Je crois que c’en est l’illustration parfaite. On peut vraiment dire que c’est inédit. En huit ans de pratique de rugby, je n’ai jamais vu ça. Même dans les niveaux supérieurs. »
« Ça a marqué les esprits »
Et si ce match reste en effet « inédit », il reste dans les mémoires. « Entre nous, on n’en parle plus, mais j’entends encore beaucoup de supporters en parler encore. Je pense que ça a marqué les esprits pour le coup. »
Finalement dans ce 0-0, une équipe, je me souviens, n’est sortie pas franchement mécontente malgré tout. « Si nous, de notre côté on a eu le sentiment que le job n’était pas fait, je me rappelle qu’au coup de sifflet final, Besançon avait cependant bien exulté, se remémore Laurent Monestier. Pour eux, faire un tel score chez nous, c’était déjà une victoire. C’est un match qui restera dans les mémoires, c’est certain. »
Depuis ce jour, il faut croire que Nancy-Seichamps a retenu un peu la leçon. Avec des essais à tout-va, les joueuses du dorénavant duo Monestier-Petit ont même largement pris leur revanche. Rien que cette année, au Stade Matter, elles l’ont emporté 24-5 sur ces mêmes Bisontines, 4 essais à 1.