Tout en sécurité, le duo a progressivement cumulé les bons résultats. Un premier top 10, puis plusieurs positions de prétendant à la victoire, de façon régulière. Pour cette dernière semaine compétitive de l’année, la paire était à l’assaut de l’Héritage La Réserve Golf Links pour une nouvelle occasion de briller sur la première division européenne. Une opportunité dans la même veine que l’Alfred Dunhill Championship quelques jours plus tôt, où Pierre et Temba sont apparus dans le top 10 après deux tours et deux cartes de 68 (-4). « Parfois, le DP World Tour et le PGA Tour me paraissent loin, ressasse le joueur. Mais depuis plusieurs semaines, je suis content de ce que je vois quand je me regarde dans le miroir et je me dis que je suis de moins en moins loin de ces circuits. » Loin de toute prétention, le jeune homme est bonnement réaliste. « Mon caddie me dit toujours, ‘souviens-toi où sont tes pieds’ pour être sûr que je ne m’emballe pas. »

Déterminé à ne pas passer dix années sur le tour sud-africain, il espère vite profiter de la passerelle directe qu’offre l’ordre du mérite : un droit de jeu pour les trois meilleurs hommes en fin de saison. Actuellement 39e après 19 tournois joués, le chemin est moins long que par le passé. Et d’ici la fin de saison en mars, quelques rendez-vous en commun avec l’HotelPlanner Tour donneront au Tricolore la possibilité de glaner une éventuelle carte, quelques invitations et, à défaut, une expérience nécessaire à sa progression. « J’ai mis du temps à le comprendre lorsque j’étais amateur mais désormais, je sais qu’il faut que je fasse les choses à fond. Je crois à la réussite de mon objectif. » De retour en France pour quelques jours où il profitera de la maison normande de ses grands-parents pour se ressourcer et se « recentrer mentalement », Pierre Viallaneix attaquera 2026 avec la même faim de rejoindre les Julien Sale, Martin Couvra et Tom Vaillant avec qui il partageait le polo France. Son chemin, déjà singulier, est autre chose qu’une simple quête de résultats. Il est celui d’un jeune joueur qui a fait le pari de se construire, patiemment et intelligemment, avec le monde pour terrain d’apprentissage ; convaincu que le bon train finit toujours par passer.