Arrivé de Brive à l’intersaison, le jeune et polyvalent trois-quarts s’est rapidement intégré au RCT, où il brille en cette première partie de saison.

Adaptation express au RC Toulon

Ce n’était pas le nom le plus ronflant du recrutement du RC Toulon à l’intersaison. On a logiquement beaucoup parlé du troisième-ligne anglais Zach Mercer (de retour en France après un passage remarqué à Montpellier) ou du centre international italien Juan Ignacio Brex. On en aurait presque oublié la signature du jeune et prometteur Mathis Ferté (21 ans), débarqué en provenance de Brive (Pro D2). L’ancien «Coujou» s’est rapidement adapté au RCT, affolant les compteurs avec six essais en douze matches, dont deux doublés contre Toulouse et Montauban. Après son coup d’éclat contre le promu tarn-et-garonnais, son manager Pierre Mignoni avait carrément lâché : «En ce moment, il est mon meilleur joueur derrière. Il pue le rugby. J’ai rarement vu un joueur aussi talentueux dans la compréhension du jeu. Tu peux le mettre partout, même en 10, il sera bon.»

Une polyvalence rare à la Arthur Retière

Cette saison, Mathis Ferté brille aussi bien à l’aile qu’à l’arrière, profitant des blessures de certains cadres (notamment Melvyn Jaminet ou Gabin Villière) pour avoir du temps de jeu. Si l’expression «couteau suisse» est un peu utilisée à tort et travers dans le rugby, elle s’applique néanmoins parfaitement au jeune trois-quarts du RCT. Il peut en effet évoluer également au poste de demi de mêlée (15 fois avec Brive) et même au centre (2 fois), malgré un physique plutôt «léger» (1,75 m pour 76 kg). Vitesse, explosivité, lecture du jeu, le néo-Toulonnais a quasiment tout dans sa panoplie. «Les gens ne le découvrent pas, avance l’ouvreur Mateo Garcia. Je ne suis pas surpris par ce qu’il montre. Il me rappelle Arthur Retière : mêmes qualités, même profil.»

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«Ce sport m’a forgé», débuts remarqués dans la boxe

Issu d’une famille très rugby, Mathis Ferté a néanmoins fait de la boxe au club de Cahors quand il était jeune, pour suivre les pas de son père. Il a même remporté six combats dans les catégories de jeunes, avec un titre de champion de Midi-Pyrénées. Comme le rapporte Midi Olympique, il avait même tapé dans l’œil de Mohamed Bennama, ancien mentor de Mahyar Monshipour (champion du monde des poids super-coqs WBA 2003 et 2006). Mais le jeune boxeur a dû arrêter sa carrière naissante car il venait de s’engager avec Brive. Ce qui a rassuré sa mère, un peu apeurée par le noble art. Mathis Ferté en garde, en tout cas, d’excellents souvenirs : «Physiquement et mentalement, ce sport m’a forgé. C’est le sport le plus dur au monde.»

Mathis Ferté échappe à Teddy Thomas.
Icon Sport

Gamin, il avait appris le Pilou Pilou

Il est des propositions que l’on ne refuse pas. Quand Toulon s’est intéressé à lui, Mathis Ferté était encore sous contrat avec le CA Brive Corrèze jusqu’en 2028, un club qu’il avait rejoint en 2018 après avoir débuté à l’US Luzech et fait ses classes au Cahors Rugby. Le joueur originaire du Lot – qui intéressait également La Rochelle – a donc dû attendre que ses dirigeants se mettent d’accord avec ceux de Toulon. Un accord financier a été trouvé entre les deux écuries et, dans le Var, il a pu retrouver d’anciens coéquipiers en Corrèze comme Enzo Hervé ou Esteban Abadie. Le prometteur Varois a même récemment confié qu’il connaissait le Pilou Pilou, le chant des supporters toulonnais. «Je le criais partout dans la maison. Donc, voilà, ma famille ne sera pas dépaysée, a-t-il raconté dans le Midol . Je peux vous dire que tout le monde a basculé sur Toulon et le RCT. Ils vont nous supporter.»

Mignoni l’annonce en équipe de France

Les performances de Mathis Ferté ne passent pas inaperçues. À Toulon, «tout est différent», comme le martèle le slogan du club varois. La caisse de résonance y est bien plus importante. Pour Pierre Mignoni, qui n’a pas l’habitude de parler pour ne rien dire et de lancer des fleurs sans raison, «il sera en équipe de France dans peu de temps». Le jeune homme – qui avait entamé un Bachelor en gestion et commerce à Brive-la-Gaillarde – garde la tête froide. «Honnêtement, il me reste du travail… Après, je ne vais pas vous mentir, l’équipe de France est un objectif comme pour tous les joueurs de rugby. Je suis compétiteur, et je veux viser le plus haut possible. Pour le moment, je ne me pose pas la question. Je travaille et je veux être, avant tout, performant pour Toulon.» C’est déjà le cas. De manière éclatante.