Né dans la capitale bretonne en 1808, Frédéric Plessix manifeste très tôt un certain talent pour l’art. À seulement treize ans, il entre à l’école de dessin de la ville où il rejoint les élèves les plus prometteurs bretons. En 1822, il est à quatorze ans à peine parmi les participants de la première exposition artistique rennaise de l’école des Beaux-Arts de Rennes. « Lors de cet évènement, Frédéric Plessix montre quatre dessins copiés d’après des ornements, » confie Guillaume Kazerouni, historien d’art et responsable des collections anciennes du Musée des Beaux-Arts de Rennes depuis janvier 2013. « Ces derniers correspondent à l’exercice élémentaire des plus jeunes élèves. »

Ces années d’études sont couronnées par quelques récompenses. Le Rennais Plessix reçoit le premier prix de dessin en 1825 puis le prix du Progrès en 1828. En 1829, la municipalité de Rennes lui accorde une bourse pour rejoindre l’École des Beaux-Arts de Paris, passage presque obligé pour qui ambitionne alors une carrière artistique. Il s’y inscrit le 5 octobre avec comme garant le peintre Charles Meynier (né à Paris le 24 novembre 1768 et mort à Paris le 6 septembre 1832, est un peintre néo-classique français).
À cette époque, l’apprentissage artistique repose sur une discipline stricte et une admiration assumée pour les grands maîtres. C’est dans ce cadre que le jeune artiste réalise une copie d’après un tableau de Jacques-Louis David (1748-1825), représentant le pape Pie VII. Mort en 1825, David demeure au début du XIXᵉ siècle la référence incontournable du néo-classicisme. Copier ses œuvres conservées au Musée du Louvre constitue un exercice fondamental pour les élèves.
Le choix de Pie VII n’est pas anodin. Le Saint-Père incarne alors une autorité grave et apaisée que Plessix restitue avec sérieux et retenue. L’œuvre, envoyée à Rennes pour attester les progrès du jeune artiste, est acquise par l’école des Beaux-Arts (100 francs de l’époque) avant d’entrer dans les collections municipales. Une seconde peinture La Scène de l’enfance de Du Guesclin fut aussi acheté par l’établissement rennais. « Celle-ci est copiée d’après une oeuvre perdue de Jean Antoine Laurent (1703-1832), exposée au Salon de 1819 et déposée par le Musée du Louvre en 1872 au musée de Dinan d’où elle a disparu. »
Du Guesclin, laid et presque difforme dans son jeune âgé, avait des manières plus que brusques et un caractère saunage. »
Mais le destin de Frédéric Plessix s’interrompt brutalement. En avril 1832, à Paris, il meurt à seulement vingt-quatre ans, avant d’avoir pu se présenter aux grands concours académiques qui lançaient les carrières. Cette disparition précoce (une santé fragile) explique sans doute l’oubli dans lequel le nom de Plessix est désormais tombé. Proposées à nouveau lors d’un accrochage au Musée des Beaux-Arts, ces deux copies apparaissent comme les rares témoins d’un parcours prometteur, figé avant l’heure. Elles sont à admirer lors de l’exposition La Jeunesse des Beaux-Arts, Rennes et ses artistes, 1794-1881, qui se tient actuellement aux Musée des Beaux-Arts.