La menace planait depuis samedi dernier, et l’annonce soudaine du gouvernement princier que les lycéens d’Albert-Ier, délocalisés cette année dans l’ancien collège Charles-III, devraient effectuer leur rentrée en distanciel en janvier.

Livrée en 1969 dans le quartier de La Rousse (Annonciade), l’ancien collège Charles-III accueillent provisoirement les lycéens d’Albert-Ier cette année à Monaco. Le talus menaçant se situe à l’arrière de ce bâtiment principal.

La raison ? Une fragilité dans le mur de soutènement retenant le talus derrière le bâtiment principal. Ce mardi, c’était au tour de riverains de Monaco et Beausoleil de recevoir une lettre évoquant « un risque d’effondrement » et la nécessité qu’ils préparent quelques affaires en cas d’évacuation.

Ce mercredi après-midi, veille de Noël, le gouvernement a finalement mis à exécution son strict principe de précaution, en annonçant l’évacuation d’environ 60 habitants du secteur, de Monaco à Beausoleil.

Sauf à disposer de leur propre solution de relogement, tous ont été pris en charge dans un hôtel de Monaco.

Pour combien de temps ? Un diagnostic plus précis de la situation devrait intervenir sous trois jours.

« Noël en toute sécurité »

L’ancien collège Charles-III a été livré en 1969. « Et le mur de soutènement fait l’objet d’un suivi depuis la fin des années 70 », assure la conseillère de gouvernement-ministre de l‘Équipement et de l’Urbanisme, Céline Caron-Dagioni, précisant que « la pression constatée ces derniers jours sur le mur a été stabilisée, mais à un niveau qui reste trop élevé en termes de prévention. Nous avons trois seuils de prévention : un seuil de pré-alerte, un seuil d’alerte et un seuil d’alerte critique. Celui-ci ayant été atteint ces 24 dernières heures, le gouvernement et le ministre d’État, en totale coordination avec les autorités françaises, ont décidé l’évacuation. »

« Les observations visuelles ont été multipliées ces 48 dernières heures et il n’y a aucun signe de mouvement du bâtiment lui-même. Aucun signe avant-coureur d’un effondrement imminent », insiste la ministre, soulignant que l’exécutif a souhaité « permettre aux familles de passer Noël en toute sécurité plutôt que les yeux rivés sur un indicateur ».

L’immeuble Le Point du Jour a été évacué à Monaco, pas la tour Odéon mitoyenne

L’immeuble Le Point du Jour a été évacué à Monaco, pas la tour Odéon mitoyenne
Justine Meddah / Nice Matin

Concrètement : ces derniers jours un mur au 1er étage de l’ancien collège a été ouvert pour accéder à la zone fragilisée. Une portion de ce mur de soutènement de 100 mètres, qui soutient un talus à cheval entre Monaco et Beausoleil. Un seul des six blocs qui composent le collège serait menacé selon le gouvernement.

Mais alors si le site était sous surveillance depuis cinquante ans, comment expliquer cette menace soudaine ?

Un phénomène inexpliqué

« Le diagnostic n’est pas encore établi et des mesures conservatoires sont mises en œuvre pour comprendre l’origine de ce phénomène », précise la ministre, cédant la parole à Tristan Bataille, directeur adjoint de la Direction Départementale des Territoires et de la Mer (DDTM06).

« C’est un phénomène relativement soudain. Il y avait une stabilité et ce mur était suivi. On ne peut pas encore expliquer pourquoi le mur est sollicité beaucoup plus fortement que d’habitude. Des travaux sont menés pour le réparer, le conserver de manière pérenne. Un périmètre a été établi pour identifier la population à protéger. Une zone d’influence où il pourrait se passer des choses, même si c’est aujourd’hui très peu probable.  »

La Tour Odéon exclue du périmètre de sécurité

Une zone « avec une marge de sécurité » qui n’inclut pas la Tour Odéon, pourtant mitoyenne d’un immeuble évacué. « Selon les calculs et remontées des ingénieurs la Tour est autoporteuse. Cela n’a pas d’incidences, elle n’est pas dans la zone d’influence géotechnique », assure Céline Caron-Dagioni.

Une cellule de crise, pilotée par le directeur général du Département de l’Intérieur, a été activée et coordonne les services du gouvernement, dont tous les Départements sont sur le pont.

« Nous nous félicitons de la cohérence et la cohésion entre l’État français et Monaco pour résoudre ce problème, salue Laura Reynaud, sous-préfete Nice-Montagne et représentant le Préfet des Alpes-Maritimes. Le risque est caractérisé selon les ingénieurs qui suivent les travaux, mais Monaco a pris toutes les mesures de prudence pour sécuriser ce talus qui peut s’effondrer ».