Des températures « polaires » ? Un temps très frais s’est abattu sur une partie du pays cette semaine, alors que la journée de jeudi a été le Noël le plus froid depuis 2010 dans l’Hexagone. La vague de froid devrait se poursuivre dans les prochains jours, indique Météo France. « Les jours suivant Noël, le froid sec et continental se maintient, en particulier sur le nord du pays », explique l’agence. « Les gelées sont fréquentes le matin et les températures tout juste positives en journée dans les régions les plus au nord ».

Dans le détail, la semaine du lundi 29 décembre au dimanche 4 janvier « s’annonce assez froide et devrait être plus sèche que la normale sur une large partie du pays ». Quant aux températures, elles devraient jusqu’au dimanche 11 janvier « être légèrement sous les normales de saison ». Et jusqu’au 25 janvier, « la fraîcheur semble devoir persister ».

Samedi 26 décembre, 2 °C sont annoncés à Paris, 0 °C à Lyon et 1 °C à Lille et Strasbourg. Dans les plaines de la moitié nord, les thermomètres pourront indiquer jusqu’à -5 °C. Au moment le plus chaud de la journée, ils afficheront « 1 à 6 °C », précise l’agence.

Ce vendredi déjà, il a fait jusqu’à -8 °C dans la Marne, -7 °C dans l’Aisne et dans les Ardennes. Dans l’extrême nord de la France, la température ressentie a pu être de -10 °C.

« C’est un épisode strictement banal »

« Ces températures sont loin d’être exceptionnelles », explique sur X le météorologue Guillaume Séchet. « Mais le froid est accompagné d’une bise parfois sensible, ce qui fait toute la différence », indique-t-il. « C’est un épisode strictement banal », abonde l’agroclimatologue Serge Zaka sur Bluesky.

« Le problème n’est pas qu’il fasse froid. Le problème c’est qu’on a oublié ce qu’était le froid », déplore-t-il.

Car si les derniers jours ont été froids, l’année 2025 a été marquée par ses températures au-dessus des normales de saison. Selon Météo France, elle pourrait se classer « au 4e ou 3e rang des années les plus chaudes jamais enregistrées en France ».

Un mort dans la Marne, pas de plan « grand froid » à Paris

Météo France a placé samedi sept départements (ceux des Hauts-de-France, l’Eure et la Seine-Maritime) en vigilance jaune grand froid. Ce vendredi, 16 zone étaient concernés par ce plus faible niveau d’alerte.

Une vingtaine de préfectures ont également enclenché leur plan grand froid, un dispositif qui favorise l’ouverture de places d’hébergement d’urgence supplémentaires pour les personnes vivant dans la rue lorsque les températures sont trop basses. Il permet également aux préfets d’augmenter les moyens humains et financiers dédiés aux maraudes ou au 115, le numéro d’urgence pour les personnes sans-abri. Depuis l’hiver 2008, il n’est plus déclenché au niveau national mais à l’échelon départemental, par les préfectures.

Dans la Marne -où la vigilance n’avait pas été activée- le corps d’un sans-abri de 35 ans a été retrouvé sans vie le jour de Noël à Reims, le froid étant la cause « probable » du décès.

En région parisienne, où les températures n’ont pas dépassé les 3 °C ce vendredi, il n’a pas été activé, ce qui a provoqué la colère de plusieurs élus de gauche. « Il y a urgence », a lancé le candidat socialiste à la mairie de Paris Emmanuel Grégoire.

« Il est de l’intérêt des enfants que le plan grand froid soit déclenché pour qu’on ne laisse personne risquer de mourir à la rue », a également plaidé Dominique Versini, cofondatrice du Samu social et Défenseure des enfants à la mairie de Paris. L’association Utopia 56 a quant à elle appelé les autorités à réquisitionner les logements vacants et à les considérer comme des « abris potentiels ».