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L’explosion dans l’usine chimique Elkem Silicones à Saint-Fons près de Lyon a causé un deuxième décès. L’homme, grièvement brûlé, a succombé à ses blessures. Un premier salarié est mort mardi, au lendemain de l’accident. Une enquête est toujours en cours pour déterminer les causes celui-ci.
Quatre jours après l’explosion survenue dans l’usine chimique Elkem Silicones à Saint-Fons, près de Lyon, un deuxième salarié est décédé des suites de ses blessures. Il s’agit d’un homme de 55 ans, qui était hospitalisé pour de graves brûlures, a précisé à l’AFP une représentante syndicale CFDT.
Une première victime avait succombé à ses blessures mardi après-midi. La victime, un homme âgé de 47 ans dont le pronostic vital était engagé, « est décédée des suites de ses brûlures », avait précisé la préfecture à l’AFP. Cet homme avait été blessé avec deux autres hommes et une femme dans une explosion survenue à l’intérieur d’un atelier pilote du site chimique, classé Seveso seuil haut.
Il s’agit du troisième décès enregistré en près de dix ans sur le site Elkem de Saint-Fons, après la mort en 2016 d’une personne tuée dans l’incendie de fûts de silicone dans un entrepôt de 2,500 m2. Deux autres personnes ont été « grièvement brûlées » dans l’accident.
Une enquête ouverte
Le parquet de Lyon a annoncé mardi avoir ouvert une enquête pour « blessures involontaires par personne morale suivies d’incapacité supérieure à trois mois ». La Division de la criminalité organisée spécialisée (DCOS, ex PJ), et la Direction départementale de l’emploi, du travail et des solidarités (DDETS), ont été saisies pour déterminer les causes et circonstances de l’explosion, selon le parquet.
La déflagration a pu être causée par l’émanation d’hydrogène « dans un atelier expérimental », avait déclaré lundi à la presse Jean-Pierre Lerat, le directeur de l’usine. Selon le porte-parole Guillaume Artois, cet atelier était une « unité bien particulière, le laboratoire pilote, qui n’est pas connecté au reste du site ». Il avait été installé en 2021 et répondait aux exigences des « dernières normes de sécurité », a-t-il assuré à l’AFP.
Une équipe y testait une méthode de dévolatilisation d’huiles de silicone hydrogénées, une « manipulation relativement courante dans un atelier pilote », a-t-il poursuivi. « Il y avait une réaction qui se passait mal et l’équipe est intervenue. Pendant l’intervention, il y a eu une émission, probablement d’hydrogène gazeux, qui a pu déclencher l’explosion », a ajouté le porte-parole.
Pour éteindre l’incendie qui a suivi, une centaine de pompiers avaient été mobilisés et un millier de personnes autour de la zone avaient été confinées quelques heures également.