Supino, Grupponimo, Triskel, Sipario, Carbò… Depuis un an, la scène culinaire rennaise se pare de vert, de blanc et de rouge. Pas étonnant quand on connaît l’amour légendaire des Français pour l’Italie quand il s’agit de bouffe (et pas de foot). Et ce n’est pas près de s’arrêter, avec un secteur en pleine ébullition. « Il y a une vraie demande et une grosse évolution en ce moment dans ce domaine », constate Pierre Clolus, administrateur de l’Umih 35.
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Souvent cantonnée à l’image de la Regina et de la lasagne, la gastronomie italienne expose désormais les plats de ses régions. Toscane, Campanie, Latium… Et les Rennais plébiscitent les focaccias, arancini et autres pizzas frites. Des plats dopés par l’essor de la street food. « Les Rennais adorent la focaccia et la street food italienne », constate Alessandro Raciti, patron de Triskele, rue des Francs-Bourgeois, depuis cet été.
Carbò à Rennes, le pari de l’originalité
À 200 m de là, rue Saint-Georges, Gabriele Muti est sur le même créneau. Venu d’Uncino, un resto italien haut de gamme à Paris, le chef a misé sur la street food, en ouvrant Carbò, en septembre. Pourquoi ce changement de cap ? D’abord pour des raisons personnelles – il voulait passer plus de temps avec ses enfants. Mais aussi pour des motifs stratégiques. « Avant d’ouvrir Carbò, j’ai goûté tous les restos italiens de Rennes. Il y avait encore de la place pour des choses plus innovantes. »
Malgré un positionnement street food, pas question pour ce natif de l’Île d’Elbe de céder à la facilité et de faire de Carbò un énième snack à l’italienne. Chez lui, on déguste des plats traditionnels italiens « signatures », parfois revisités. Comme les pâtes carbonaras – qui ont donné le nom à la maison – avec une déclinaison à la truffe. Elles entraînent chaque jour de longues files d’attente sur les pavés de la venelle.
Une question de pouvoir d’achat… et de rentabilité
L’attrait des Rennais pour la street food italienne est aussi d’ordre financier, concède Gabriele Muti. « La street food, ce n’est pas les prix d’un resto. Il y a une vraie question de pouvoir d’achat aujourd’hui. » Et de rentabilité.
Toutes les sources interrogées conviennent que les restos italiens s’en sortent mieux que les autres. « C’est une gastronomie qui n’est pas trop chère », note Pierre Clolus. La matière première (pâte, sauce, sauce tomate, mozzarella, huile,…) est relativement peu coûteuse pour les produits de base. Quant aux établissements de street food, ils font l’économie d’une salle de restauration et de serveurs. De quoi célébrer, dans la rue, l’idylle culinaire franco-italienne en attendant le prochain France-Italie. Peut-être, à la Coupe du monde 2026. Si la Squadra Azzurra se qualifie.
