l’essentiel
Le Gersois Thomas Vautour Ahmed (Fous rires gascons) raconte son parcours d’engagement, du Conseil départemental des jeunes à sa récente sélection au Collège citoyen de France. Une première pour le Gers.
Fondateur du festival des Fous rires gascons, dont la 3e édition se déroulera du 10 au 18 avril 2026, Thomas Vautour Ahmed vient d’être sélectionné au Collège Citoyen de France, formation nationale dédiée aux acteurs associatifs et citoyens engagés. Habitant d’Auch et engagé localement, notamment dans le champ culturel et associatif, il représentera l’Occitanie au sein de sa 5e promotion. Entretien.
Qu’est-ce que le Collège Citoyen de France ?
C’est une initiative née pendant la période du Covid. Elle vise à former et accompagner chaque année une quarantaine de responsables associatifs. L’objectif est de leur permettre de mieux comprendre les institutions, de dialoguer plus efficacement avec elles et de saisir le fonctionnement politique, aussi bien localement que nationalement. Le projet a été fondé par un collectif d’une dizaine de cofondateurs venus d’horizons très variés. Nous avons des interventions chaque semaine, animées par des experts, et des « bootcamps », des sessions intensives de trois à quatre jours. Nous en avons déjà eu à Bordeaux et au Havre, et le prochain aura lieu à Paris.
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C’est donc une formation répartie sur tout le territoire ?
Oui. Nous nous retrouvons pour les bootcamps dans différentes villes. Pendant ces trois ou quatre jours, nous rencontrons des maires, des responsables d’ONG, des journalistes, etc. En parallèle, nous avons des formations en ligne chaque mardi soir. Cela nous permet de suivre le programme sur notre temps personnel, sans trop impacter nos activités associatives.
Ton engagement a commencé très jeune, à 14 ans, avec le Conseil départemental des jeunes du Gers…
Oui. À la base, je n’étais pas du tout engagé. Enfant, j’étais plutôt du genre à faire le pitre. Mais j’ai toujours aimé fédérer, organiser des événements, créer du lien. Une CPE m’a parlé du Conseil départemental des jeunes : une réunion par mois, une demi-journée de cours en moins, et la possibilité de mener des projets concrets avec un budget. J’ai trouvé ça génial et je me suis lancé, sans trop savoir dans quoi je m’engageais. C’est là que j’ai découvert l’envie d’agir, de monter des projets et de trouver les moyens de les réaliser. Ensuite, je me suis retrouvé au Pôle Nord avec Philippe Martin, alors président du Département. C’était une expérience marquante.
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D’autres initiatives ont-elles suivi ?
Oui. Avec plusieurs groupes de jeunes, nous avons créé Youth for Climate. J’ai rapidement été responsable régional en Occitanie. L’idée était de prolonger les grèves pour le climat initiées par Greta Thunberg, avec une première manifestation le 15 mars 2019. Nous avons organisé celle de Toulouse, en mobilisant dans les lycées et à l’université, avec un grand succès à la clé : plus de 10 000 manifestants. Les médias ont présenté cette marche comme la plus grande mobilisation de jeunes pour le climat en dehors de Paris, et elle le reste encore aujourd’hui.
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Ton engagement associatif actuel, notamment avec ton festival d’humour, a aussi compté dans ta sélection ?
Tout à fait. L’humour peut sembler anodin, mais ce n’est pas le cas. C’est souvent l’un des derniers espaces où des personnes très différentes se retrouvent et partagent un moment commun. Quand j’ai créé le festival, je voulais qu’il parle à tout le monde, qu’il rassemble tous les publics. Nous reversons 5 % des recettes à des associations solidaires et permettons à des bénéficiaires d’assister aux spectacles. Nous allons aussi créer un comedy club caritatif. L’idée, c’est de donner du sens à ce que nous faisons tout en fédérant les gens. C’est pour cela que nous programmons des artistes engagés, d’autres plus légers, avec des sensibilités variées, afin de toucher tout le monde, sans a priori.