Contrôles, sévérité, recettes. À Nice, le stationnement rapporte, comme dans la plupart des villes. En revanche, Nice est la deuxième ville de France où la verbalisation liée au non-paiement du stationnement rapporte le plus, et ce n’est pourtant pas en raison du montant du forfait post-stationnement (FPS).

D’après Gaël Nofri, l’adjoint au maire de Nice en charge du Stationnement : jusqu’en 2014, seuls 8 % des automobilistes respectaient le paiement de leur stationnement. Un problème assez ancien, puisque déjà, en 1999, Nice-Matin écrivait que « 20 % des automobilistes ne prennent pas de tickets » et « au bout du compte, seuls 5 % des Niçois payent rubis sur l’ongle la totalité de leurs heures de stationnement ».

« 88 % de véhicules en règle »

Désormais, la tendance serait complètement inversée, avec 88 % des automobilistes qui payent aujourd’hui leur stationnement, selon Gaël Nofri. « C’est au-dessus de la moyenne nationale », vante fièrement l’adjoint au maire. Ceci grâce aux dissuasifs contrôles effectués sur les plus de 12.000 places de parking payantes de la Ville.

Fixé à 25 euros en conseil municipal, le montant des amendes pour stationnement non réglé (les FPS, forfaits post-stationnement) est plutôt dans la moyenne, par rapport aux autres villes (17 euros à Marseille, 25 euros à Besançon, 30 euros à Toulouse, et environ 50 euros à Paris).

Et pourtant, les verbalisations rapportent. Environ 10 millions d’euros par an, auxquels il faut déduire le coût du contrôle (2,8 millions d’euros). Ajoutés à cela les 10 millions d’euros que rapporte le paiement du stationnement par les usagers en règle, et le chiffre tombe : 17 millions d’euros de recettes par an.

« 21 000 contrôles » de stationnement chaque jour

Pourtant, Gaël Nofri l’assure : la société privée Streeteo, chargée du contrôle du paiement du stationnement, n’est pas rémunérée en fonction de ses recettes. « Nous lui fixons plutôt un objectif de nombre de contrôles : 21 000 par jour », nuance l’élu.

Statistiquement, chaque place de stationnement est donc contrôlée au moins une fois par jour, soit par la voiture dite « sulfateuse à PV » (qui, en roulant à faible allure, procède à la lecture des plaques d’immatriculation et verbalise automatiquement les mauvais payeurs), soit par des agents à pied.

« On a demandé que deux tiers des contrôles soient faits par des agents au sol, et non par des voitures verbalisatrices, pour garder cette part d’humain, mais aussi pour faire des contrôles des cartes des personnes à mobilité réduite », assure Gaël Nofri.

La place Saint-Pierre à Carros a été inaugurée samedi 20 décembre 2025.

Un projet « financé en partie grâce au stationnement »

Cet argent n’est pas du bénéfice pour la Ville. Car le produit des amendes doit – c’est la loi – être consacré à des investissements dans des politiques de mobilité automobile. « En gros, les automobilistes payent pour les automobilistes », schématise l’élu. Ainsi, les 17 millions d’euros récoltés par an grâce au stationnement contribuent à environ 25 % des investissements de ce domaine. « L’élargissement du chemin de Crémat (en 2020), la liaison entre l’avenue Antoine-Martin et l’avenue Sainte-Marguerite (en juin 2025), la sortie ouest de la voie Mathis (en mai 2025)… Tout cela, ça a été financé en partie grâce au stationnement », liste l’élu.

Les règles pour stationner à Nice

Le stationnement sur la voirie est payant du lundi au samedi de 9 h à 20 h. Il est gratuit les dimanches et les jours fériés. Chaque automobiliste peut bénéficier chaque jour d’une heure de gratuité en prenant un ticket gratuit. Il est possible de régler son stationnement à l’horodateur ou via l’application PayByPhone.