Plus de trois mois après sa dernière titularisation, l’intéressé n’ayant connu que deux entrées en jeu pendant les doublons depuis, Cyril Baille devrait débuter la rencontre face à La Rochelle ce dimanche soir. Il se confie sur la période qu’il vient de vivre, sur ses douleurs récurrentes à une cheville et sur le défi qui l’attend.
Comment avez-vous vécu les trois derniers mois ?
Ce n’est jamais facile quand tu ne joues pas trop, sachant aussi que ma cheville n’était pas au top de sa forme. Donc, il a fallu reprendre quelques bases à zéro pour essayer de revenir au mieux possible, parce que ma cheville est assez douloureuse. On a bien travaillé avec les préparateurs, qui m’ont beaucoup aidé pendant cette période. Mais c’est vrai que ça n’a pas été simple.
Et vous allez retrouver la compétition…
Je suis très heureux de pouvoir revenir sur le terrain demain (dimanche, NDLR), c’est un joli cadeau de Noël que le staff me fait. Je vais essayer d’y répondre du mieux possible.
Comment vous sentez-vous physiquement aujourd’hui ?
Ça va. Après, j’ai toujours ce problème d’arthrose qui me gêne, mais on travaille là-dessus, pour bien remuscler aussi le mollet et bosser sur cette mobilité. Je l’ai dit, je suis bien accompagné par les préparateurs, je tiens à les remercier pour tout ce qu’ils ont fait depuis deux mois. Il faut que j’en fasse plus qu’avant si je veux continuer à être performant, à cause de cette cheville. Il faut travailler d’arrache-pied comme j’ai pu le faire sur les deux derniers mois.
Attendiez-vous ce moment avec impatience ?
Oui, bien sûr. De toute façon, quand on est compétiteur, on n’a qu’une envie, c’est d’être sur le terrain. Mais j’ai aussi essayé d’apporter le maximum pour les copains. J’ai continué à m’entraîner. Mais, quand tu ne joues pas, il faut prendre son mal en patience, ce n’est pas évident. J’ai su aussi me recentrer sur certaines choses qui m’ont fait du bien, j’espère que ça portera ses fruits.
Quel était votre rôle ?
J’ai essayé d’aider sur l’analyse des joueurs d’en face, sur les mêlées, de continuer à accompagner nos jeunes joueurs. On a un gros vivier de jeunes qui font des énormes matchs. Je veux leur apporter mon soutien, avoir un rôle de bienveillance. J’essaie d’apporter le maximum pour l’équipe. Le plus important, ce n’est pas l’individuel, c’est le collectif.
Les jeunes de première ligne soulignent beaucoup votre aide au quotidien…
Je ne me force pas à le faire, c’est juste que je les aime tous et j’ai été aussi à leur place. Je sais que, quand tu as 20 ou 21 ans, tu as un peu plus d’appréhension, tu te poses beaucoup de questions. C’est notre rôle de leur transmettre notre expérience, parce qu’on a été à leur place, on a galéré au début. Quand tu es jeune, on ne te fait pas de cadeaux. Quand tu es vieux non plus (sourire). Mais si on peut les aider à avoir un peu moins de stress, on le fait avec plaisir. Même si, parfois, ils n’ont pas besoin de nous. Je suis très content d’eux et j’espère qu’ils vont continuer à être performants comme ça.
Ressentez-vous une certaine appréhension ?
Non, je suis content. Après plus de deux mois, je n’avais qu’une envie, c’était de revenir sur le terrain. On verra demain ce que ça donne mais on a fait le maximum pour essayer d’être prêt et d’avoir le moins de douleurs possibles.
Vous parliez de cadeau de Noël. Entre le match au Stadium et un adversaire comme La Rochelle, le contexte aide-t-il à en faire un sacré défi ?
On connaît La Rochelle, on sait à quoi s’attendre. C’est l’équipe certainement la plus costaude du championnat devant. C’est un gros défi pour nous et c’est sûr que reprendre contre La Rochelle sera un bon révélateur.
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Comment fait-on pour ne pas connaître de découragement quand on traverse une période difficile ?
Je pense que j’en ai vu d’autres. Mon corps m’a souvent fait défaut quand même, j’ai eu pas mal de blessures importantes. La dernière en date a été très compliquée, surtout en post-opératoire. Il faut être fort mentalement. J’ai aussi la chance d’avoir un socle familial qui m’aide beaucoup, des amis qui étaient là. Ce ne sont pas des périodes faciles, mais il y a toujours pire dans la vie. On a la chance de pouvoir être ici, de vivre notre passion. On a toujours des moments de bas, mais on a souvent des moments de haut. Et, pour avoir ces moments de haut, il faut aussi avoir les bas. Cela m’a permis de me concentrer sur pas mal de choses.
Votre expérience des blessures précédentes vous a-t-elle été bénéfique ?
Oui, ça finit toujours par tourner. Mais le maître mot, c’est le travail. Peut-être que j’avais besoin de retravailler certaines choses que j’avais un petit peu laissées de côté. Quand on est dans les saisons, il y a certaines choses qu’on laisse de côté… Là, j’ai eu le temps de bosser physiquement. Le plus important, c’était ma cheville.
Mais, dans cette période, on vous a aussi vu, sur les matchs de doublons, rendre des services au lancer en fin de match…
Moi, j’envie de jouer. Et je joue à n’importe quel poste, donc j’étais content de pouvoir aller sur le terrain. Puis, j’ai beaucoup d’affection pour Thomas Lacombre. C’était cool de partager un peu le temps de jeu avec lui. Ce n’était que du plaisir. Quand je suis sur le terrain, je suis heureux. Que ce soit à gauche, au talon… Bon, pilier droit, c’est peut-être un peu plus compliqué (rire). C’était une belle expérience pour moi, pour continuer à accompagner les jeunes aussi.
Comment régler ce souci récurrent à votre cheville ?
Le problème, c’est l’arthrose que j’ai et qui me gêne pas mal. Il faut la renforcer, la solliciter et essayer de regagner en mobilité. Parce que, si on ne la sollicite pas, l’arthrose gagne du terrain sur l’os et ça devient de plus en plus compliqué. On s’adapte. Ce n’est pas une fin en soi. Je suis conscient des douleurs que j’ai. Aussi de la concurrence à mon poste, parce que de plus en plus de joueurs se révèlent et font des gros matchs. C’est le lot d’une saison et des sportifs de haut niveau. Mais, bien sûr, je n’ai pas envie que ça s’arrête. Je ferai tout pour que ça continue.
Même si vous n’avez pas été retenu en novembre, avez-vous gardé un lien avec le staff du XV de France ?
Bien sûr, Fabien (Galthié) m’a appelé avant la tournée. On a pas mal débriefé ensemble. Et William (Servat) m’écrit très régulièrement. Il a pris énormément de nouvelles pour savoir comment j’allais. Je l’en remercie. Ça fait plaisir de se sentir soutenu là-dessus. Maintenant, c’est à moi de jouer.