l’essentiel
La Haute-Garonne s’impose comme l’un des départements les plus dynamiques de France sur le plan démographique. Sa population progresse à un rythme exceptionnel.
Nous sommes les champions ! Selon les derniers chiffres de l’Insee, la Haute-Garonne s’impose comme l’un des départements les plus dynamiques de France sur le plan démographique. Entre 2017 et 2023, sa population a progressé de 1,3 % par an en moyenne, un rythme exceptionnel à l’échelle nationale, juste derrière la Guyane. Au 1er janvier 2023, le département comptait 1 471 468 habitants, soit plus de 108 000 habitants supplémentaires en six ans.

Notre département compte 1,5 million d’habitants dont un bon tiers vit à Toulouse intra-muros.
DDM – XAVIER DE FENOYL /
Cette hausse rapide s’inscrit dans une trajectoire longue et cohérente. Cette croissance repose sur une combinaison devenue rare. La Haute-Garonne bénéficie à la fois d’un solde migratoire très excédentaire et d’un solde naturel encore positif. Chaque année, les arrivées sont largement supérieures aux départs, ce qui contribue à hauteur de 0,9 % à l’augmentation de la population. Dans le même temps, les naissances restent plus nombreuses que les décès, avec un solde naturel estimé à + 0,4 % par an.
Toulouse bientôt troisième ville de France
Dans un contexte national marqué par le vieillissement et la baisse de la natalité, cette double dynamique distingue nettement le département. Toulouse joue un rôle central dans cette évolution. Avec 514 819 habitants en 2023, la ville est celle qui gagne le plus d’habitants en France en six ans avec plus de 35 000 résidents supplémentaires. Elle est en passe de doubler Lyon et de monter sur le podium national. La population toulousaine augmente de 1,2 % par an, portée par des soldes naturel et migratoire tous deux positifs. Cette vitalité ne se limite pas aux frontières communales. L’ensemble de l’agglomération connaît une croissance encore plus soutenue, traduisant un phénomène d’expansion urbaine continu. Autour de Toulouse, les communes de la couronne périurbaine absorbent une part croissante de cette dynamique. Colomiers, Tournefeuille, voire Saint-Jory et plus largement l’ouest et le sud toulousains enregistrent des hausses de population significatives, alimentées par les migrations résidentielles et par une population relativement jeune. Cet étalement témoigne à la fois de l’attractivité économique du bassin toulousain et des tensions sur le foncier et le logement dans la ville-centre.
L’atout de la jeunesse
La jeunesse relative de la population constitue l’un des atouts majeurs de la Haute-Garonne. Elle permet de maintenir un solde naturel positif et soutient le renouvellement de la population active. Là où de nombreux territoires français compensent un déficit naturel par l’arrivée de nouveaux habitants, la Haute-Garonne cumule encore les deux ressorts de la croissance démographique. Les chiffres dessinent ainsi le portrait d’un département à part dans le paysage français. La Haute-Garonne ne se contente pas d’attirer : elle se renouvelle et se projette. Cette dynamique pose désormais des enjeux majeurs en matière de logement, de transports, de services publics et d’aménagement du territoire. La question n’est plus celle de la croissance elle-même, acquise, mais celle de sa maîtrise et de sa soutenabilité à long terme.
Les jeunes en ville, les vieux aux champs
La dynamique démographique de la métropole toulousaine et de la Haute-Garonne s’explique surtout par un solde migratoire très favorable, car chaque année, 58 000 personnes s’installent dans le département toujours très attractif, tandis que 46 000 le quittent. Mais qui sont vraiment ces nouveaux habitants ? Une étude menée par l’agence d’urbanisme de l’agglomération toulousaine (AUAT) en partenariat avec le conseil départemental permet de dresser leur profil type.
Et sans surprise, il est très jeune. « Plus de la moitié des arrivants ont entre 15 et 29 ans, sont célibataires et locataires dans le parc privé, note l’enquête. Ils s’installent principalement en ville, attirés par les opportunités d’emploi et l’enseignement supérieur. Les cadres et les étudiants y sont surreprésentés ». « Les jeunes adultes, étudiants ou actifs, se concentrent dans la métropole. Les seniors, minoritaires parmi les nouveaux arrivants, ils sont les plus nombreux à s’installer dans les Pyrénées. »