La chaîne de télévision Channel 4 a invité Jimmy Kimmel pour le traditionnel discours de Noël alternatif à celui du monarque britannique. Le présentateur américain s’en est donné à cœur joie pour fustiger, une nouvelle fois, la politique de Donald Trump.

Le Président Donald Trump à Morristown, New Jersey, le 14 septembre 2025, et le présentateur de télévision Jimmy Kimmel à Hollywood, en California, le 6 juin 2024.
Photos Mandel Ngan et Robyn Beck / AFP. (Montage AFP réalisé le 18 septembre 2025.)

Le Président Donald Trump à Morristown, New Jersey, le 14 septembre 2025, et le présentateur de télévision Jimmy Kimmel à Hollywood, en California, le 6 juin 2024.
Photos Mandel Ngan et Robyn Beck / AFP. (Montage AFP réalisé le 18 septembre 2025.) MANDEL NGAN, ROBYN BECK / AFP

Par Caroline Besse, Marine Le Gohébel

Publié le 27 décembre 2025 à 13h20

Mis à jour le 27 décembre 2025 à 14h26

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Dans un discours de Noël diffusé à la télévision britannique – une tradition de la chaîne Channel 4 qui diffuse chaque année depuis 1993 un discours alternatif à celui du monarque –, Jimmy Kimmel a (de nouveau) dézingué Donald Trump, affirmant notamment que l’année 2025 avait été, « du point de vue du fascisme », une « très bonne année » aux États-Unis.

Les virulentes passes d’armes entre Jimmy Kimmel, créateur et animateur du late-night show Jimmy Kimmel Live !, et le président américain, sont légion. Retour sur six moments marquants de cette animosité politique et médiatique, symbole des fractures de l’Amérique contemporaine.

Septembre 2025 – Éviction puis retour de Jimmy Kimmel à l’antenne

La star des talk-shows américains est suspendue d’antenne par ABC après avoir critiqué la récupération de la mort de l’influenceur Charlie Kirk par le camp trumpiste. « Le gang MAGA [Make America Great Again, ndlr] essaie désespérément de décrire le gamin qui a assassiné Charlie Kirk comme n’étant pas l’un des leurs et tente de faire tout ce qu’il faut pour en tirer un profit politique », lâchait le présentateur avant d’être « suspendu définitivement » le 18 septembre. Son éviction déclenche alors de nombreuses réactions et des appels au boycott du groupe Disney. Quelques jours plus tard, il est de retour à l’antenne et s’en prend à Donald Trump : « On se sent presque mal pour lui. Il a essayé de nous annuler. Au lieu de ça, il a forcé des millions de personnes à regarder à l’émission ! […] Ils veulent choisir ce qu’est l’information. Il est très important d’avoir une presse libre. […] Un gouvernement qui menace un comédien pour le réduire au silence, c’est antiaméricain. »

Janvier 2025 – Réélection de Donald Trump

Au lendemain de la nouvelle élection de Donald Trump pour un deuxième mandat, Jimmy Kimmel annonce la couleur : « Nous vivons des temps étranges et précaires dans l’histoire de notre pays. La moitié d’entre nous redoute que Trump ne fasse pas ce qu’il a promis. L’autre moitié redoute qu’il le fasse. Je fais partie de la deuxième catégorie. » Kimmel moque aussi régulièrement tous les membres du clan présidentiel. Eric Trump, le benjamin du premier mariage de Donald Trump, est sa cible favorite. « Il est très pratique que son anniversaire soit le 6 janvier (jour de l’assaut du Capitole en 2021, ndlr). Comme ça, Trump peut se souvenir le même jour des deux plus grosses erreurs qu’il ait jamais commises. »

Mars 2024 – « Débarrassez-vous de Kimmel ! »
Le duel Kimmel / Trump ne cesse pas durant la présidence Biden. À la fin de la 96e cérémonie des Oscars, Jimmy Kimmel lit un message qu’il attribue à Donald Trump dans lequel l’ancien président des États-Unis critique l’émission et le travail de l’animateur. Beaucoup se demandent s’il s’agit d’une fausse missive, l’une des blagues habituelles de Jimmy Kimmel, qui viserait Donald Trump. Mais le texte a réellement été écrit et publié par le président lui-même sur le réseau TruthSocial. « A-t-on déjà vu un pire hôte que Jimmy Kimmel aux Oscars ? Son ouverture était celle d’une personne quelconque essayant tant bien que mal d’être ce qu’il n’est pas, et qu’il ne sera jamais. Débarrassez-nous de Kimmel et remplacez-le, peut-être, par un autre animateur démodé, mais moins cher, un ″talent″ de ABC, George Slopanopoulos. Il permettrait de donner l’impression que toutes les personnes sur scène sont plus grandes, plus fortes, et plus glamour », a-t-il écrit avant de conclure de son inévitable, « MAKE AMERICA GREAT AGAIN » (en lettres capitales dans le texte). Jimmy Kimmel a ensuite ironisé : « Merci, président Trump. Merci de nous regarder. Je suis surpris que vous soyez encore devant votre télévision. N’avez-vous pas dépassé votre horaire de prison ? », a-t-il lancé, devant un public hilare – rappelons qu’à l’époque, le président Trump était visé par quatre procédures judiciaires, entre accusation d’association de malfaiteurs, corruption, conspiration, fraude électorale, ou encore, mise en danger de la défense nationale.

Mai 2020 – La pandémie de Covid
En pleine pandémie de Covid, le président Trump annonce à la presse qu’il prend de l’hydroxychloroquine, malgré les alertes sur ce médicament qui accroîtrait les effets indésirables de la maladie, et augmenterait même les risques de décès. Depuis chez lui (on est alors en plein confinement mondial), Jimmy Kimmel qualifie le président d’« hydroxy-moron », « imbécile ».

Avril 2018 – L’affaire Melania Trump
Le présentateur appelle à l’apaisement après une escalade de violence verbale avec le présentateur de la chaîne ultraconservatrice Fox News, Sean Hannity. Tout commence lorsque Jimmy Kimmel se moque de l’accent de Melania Trump, l’épouse du président née en Slovénie, qui avait lu à la télévision un livre pour enfants à l’occasion des fêtes de Pâques.
Sean Hannity avait vivement réagi et les deux hommes s’étaient lancés dans de violentes attaques sur les réseaux sociaux, que Jimmy Kimmel avait fini par qualifier de « nocives » pour le pays. Il avait aussi concédé que se moquer de l’accent de la First Lady avait été un « pas de côté stupide. »

Mai 2017 – Donald Trump inspire les humoristes

Dès la première présidence, Jimmy Kimmel a fait de Trump l’une de ses cibles favorites.
Quelques semaines après l’investiture de Donald Trump, en janvier 2017, l’université de George Mason, en Virginie, publie une étude démontrant un record à son propos : pour son centième jour à la tête de la présidence des États-Unis, il a été au cœur de 1060 blagues prononcées lors de late-night shows, dont 177 blagues par Jimmy Kimmel.
Donald Trump, une source d’inspiration inépuisable pour les humoristes.