Malgré le soleil, l’air s’est bien rafraîchi sur le marché des Lices de Rennes, ce samedi 27 décembre 2025. Alors sur les étals, les légumes d’hiver sont de sortie. Carottes, poireaux, courges et surtout les choux-fleurs, vendus à des prix bien inférieurs à la normale chez certains producteurs. En effet, depuis plusieurs semaines, les producteurs bretons font face à une surproduction sans précédent. Les températures très douces des deux derniers mois ont accéléré la croissance des choux-fleurs, récoltés bien plus tôt que d’habitude. Résultat : un excédent de production s’est accumulé.
70 centimes moins cher
Pour écouler la marchandise, certains maraîchers n’hésitent pas à baisser leurs prix. Sur le stand de Frédéric Bougerie, producteur à Saint-Grégoire, le légume, qu’il achète chez un autre maraîcher, est affiché à 1,30 € la pièce. « Moi, je le vends 70 centimes de moins que d’habitude. Ça évite de jeter. » Une différence notable qu’il compense avec ses autres produits. « Nous, on est diversifié, alors c’est sûr, par rapport à des producteurs en quasi-monoculture on est moins impactés. »
D’autres ont choisi de vendre des lots, comme ce revendeur, qui propose deux choux-fleurs pour 3 € : « Cette semaine, on a un peu augmenté les prix. Samedi dernier, c’était 1,20 € le légume… » Pour éviter le gaspillage, il a réduit de moitié ses commandes auprès de ses fournisseurs : « Au-delà de la surproduction, on a bien vu que la consommation ne suit pas. »
Moins de soupe et de gratins
La météo clémente a en effet éloigné les Français des légumes d’hiver. « Les températures influencent à la fois la production et la consommation, rappelle Maxime Bocel, producteur à Pacé. Comme il faisait plutôt doux, les clients n’avaient pas forcément envie de manger des potages ou des gratins. »
Cependant, la médiatisation des difficultés de la filière a permis à certains d’entre eux de bénéficier du soutien de leur clientèle. « Certains me disaient : On va vous prendre un chou-fleur pour vous aider », raconte Éric Bocel, exploitant installé à Pacé. C’est le cas de Marylise, fidèle du marché des Lices. « Durant le mois de décembre, j’en achetais un tous les samedis. Ce n’est pas grand-chose, mais c’est ma petite contribution. »
Le froid revient, les plats d’hiver aussi
Et avec l’arrivée du froid, les Rennais semblent enfin se tourner vers des repas réconfortants. Jeanne et Arthur, par exemple, repartent du marché avec de quoi préparer une soupe. « On a pris du poireau, du chou et des carottes, énumère le couple. C’est vrai qu’on a retardé au maximum les repas hivernaux. » Cette baisse de température est également une bonne nouvelle pour les maraîchers. « La production commence à se stabiliser, indique Éric Bocel. Mais on risque de manquer de légumes vers la fin de l’hiver. Ce sont les aléas du maraîchage, chaque année, un légume ne fonctionne pas aussi bien que les autres. En 2025, c’était le chou-fleur. »