Le pays est miné depuis une dizaine d’années par des attaques meurtrières de groupes djihadistes liés à Al-Qaïda et au groupe Etat islamique.
Le régime militaire du Niger a annoncé «la mobilisation générale» et des «réquisitions» de personnes et de biens pour mieux combattre les groupes djihadistes qui endeuillent le pays depuis des années, selon un communiqué du gouvernement consulté samedi par l’AFP.
Le Niger est dirigé par une junte militaire issue d’un coup d’Etat en juillet 2023.
Vendredi, le Conseil des ministres du Niger a adopté un projet d’ordonnance instituant «la mobilisation générale» pour la défense de la patrie «dans le cadre de l’organisation de son armée.»
«Peuvent être réquisitionnés pendant la mobilisation générale, les personnes, les biens et les services pour contribuer à la défense de la patrie dans le respect de la législation et de la réglementation en vigueur», a-t-il précisé à l’issue d’une réunion du Conseil des ministres. «Tout citoyen est tenu de répondre immédiatement à l’ordre d’appel ou de rappel, de répondre sans délais à l’exécution des mesures de la défense de la patrie et de se soumettre à la réquisition», détaille le texte.
Répression
Ces mesures sont «dictées» notamment par «la nécessité de préserver l’intégrité du territoire national» et de «protéger les populations» ainsi que «les institutions et les intérêts vitaux de l’Etat contre toute menace intérieure ou extérieure», ajoute-t-il.
Dès sa prise du pouvoir, la junte, qui prône la souveraineté, a chassé les soldats français et les troupes américaines qui combattaient les djihadistes notamment dans l’ouest nigérien proche du Mali et du Burkina Faso, deux voisins aussi confrontés aux violences djihadistes.
Deux ans après le putsch au Niger, les tractations avec la junte pour libérer le président Mohamed Bazoum
Le Niger, le Mali et le Burkina, tous trois dirigés par des juntes militaires et réunis dans la confédération de l’Alliance des Etats du Sahel (AES), ont lancé une force antidjihadiste commune de 5000 hommes.
La junte dirigée par le capitaine Ibrahim Traoré au Burkina – président de l’instance dirigeante de l’AES – avait également pris une mesure de mobilisation générale en 2023, afin de réquisitionner des citoyens dans la lutte antidjihadiste.
Son régime est régulièrement accusé par des ONG internationales d’utiliser ce décret de manière «abusive» lui permettant de réprimer les voix discordantes, «réquisitionnées» pour le front.