l’essentiel
Empruntés en première période, les Tarnais ont trouvé la recette après le repos afin de dominer les Rhodaniens ce samedi 27 décembre (36-22).
C’est quand même long neuf ans. Neuf ans que le Castres Olympique n’avait plus remporté une rencontre du Boxing Day devant son public. C’était contre Bayonne, le 31 décembre 2016 (47-18). Depuis, plus rien – deux succès à l’extérieur certes (2017 à Clermont et 2020 à Perpignan) –, mais surtout un nul (Racing, 2022) et une amère défaite face à l’USAP (2023) à la maison. Alors voir enfin les Castrais l’emporter, ce samedi 27 décembre contre le Lou (36-22), lors de cette journée instaurée en 2009 par la LNR, est à marquer d’une pierre blanche.

Karawalevu a bien pensé offrir le bonus aux siens, sans succès finalement.
DDM – EMILIE CAYRE
Mais autant que les neuf années d’attente, cette victoire contre les hommes de Karim Ghezal fut longue à se dessiner. Et c’est Christian Ambadiang qui a dégainé le crayon afin de mettre un point quasi final à cette page de 2025. L’ailier camerounais a fait dans son style, en puissance, battant trois défenseurs en une quinzaine de mètres, avant d’aplatir en allongeant le bras et en se contorsionnant pour se défaire un minimum de l’étreinte de Jiuta Wainiqolo (29-15, 66).
La conclusion d’une action menée au large, prouvant que ce CO, dès qu’il insuffle de la vitesse, parvient à mettre son adversaire en difficulté, et montrant surtout que ce sont les Tarnais qui ont le mieux terminé cette rencontre. Car c’est bien lors de l’ultime quart d’heure que les « bleu et blanc » ont pris le dessus sur les Rhodaniens, qui avaient parfois du mal à suivre tant dans l’impact physique que dans la justesse défensive – six fautes après la pause.
Bonus pris, puis vite égaré
Ce qui s’est justement vu sur l’essai de Veresa Ramototabua à l’issue d’une action de 2 minutes et 48 secondes (15-15, 52), ou sur la troisième réalisation de Castrais qui enchaînaient les temps de jeu et avançaient sur chaque impact. Le timing des courses et les soutiens étaient bons, et Loris Zarantonello arrivait lancé comme une balle pour inscrire son quatrième essai en autant de matchs (22-15, 63).
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Castres, particulièrement discipliné ce samedi – cinq pénalités – pensait même offrir un feu d’artifice comptable quand Vuate Karawalevu s’est amusé entre les « rouge et noir » pour un essai du bonus (36-15, 75), qui sera perdu trois minutes plus tard sur une perte de balle bête à la sortie d’une mêlée, mise à profit par Esteban Gonzalez (36-22, 78).
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Dommage pour les Tarnais de perdre ce point supplémentaire, mais les quatre seront néanmoins accueillis à bras ouverts, surtout au vu de la façon dont avaient tourné les débats précédemment. Parce que les Lyonnais, avant de pécher par indiscipline et approximations, avaient jusque-là imposé une farouche opposition, dominant la première période, marquant de leur empreinte la guerre au sol, affichant en prime une défense agressive qui a souvent gêné les Tarnais. Pression qui a notamment permis à Jiuta Wainiqolo de signer un doublé, ayant bien suivi le ballon après que celui-ci a giclé des mains de Jérémy Fernandez, détruit par le plaquage de Marvin Okuya (10-10, 32).
Or le CO a gardé son sang-froid, n’a pas cédé à l’agacement quand Pierre Bru a coupé une action sur un en-avant lyonnais alors qu’un trois contre un se profilait pour les Tarnais (35). Contrairement à l’entraîneur lyonnais qui a secoué tout ce qu’il pouvait, des arbitres – leur reprochant un en-avant non signalé, ce qui est vrai cela dit, d’Azar avant l’essai de Botitu (7-3, 18) – à ses joueurs. Et s’il y en a un qui s’est secoué aussi pour l’emporter, c’est bien Castres.