La revue indépendante Prescrire a récemment publié une mise à jour de sa liste des médicaments à éviter car jugés plus dangereux qu’utiles. Or, sur 108 traitement figurant dans le document, pas moins de 89 font l’objet d’une distribution en France. Par ailleurs, deux nouveaux médicaments y figurent, dont l’autorisation de mise sur le marché date de cette année.
Une liste qui s’allonge
Chaque année, la revue indépendante Prescrire publie un bilan de médicaments à écarter afin d’éviter certains risques disproportionnés et ce, tout en améliorant la qualité des soins. Cette « liste noire » inclut des traitements divers, notamment pour la douleur, le rhume ou encore, des troubles digestifs. Or, Prescrire vient de publier son bilan 2026, dont les détails ont été relayés dans un article publié par le magazine UFC Que choisir le 3 décembre 2025.
Il s’avère que certains médicaments ne sont pas toujours la meilleure option face à des troubles très courants comme les nausées, la toux et les maux de ventre, entre autres. En cas de diarrhée aiguë par exemple – en particulier chez les enfants – les argiles médicamenteuses sont déconseillées, notamment le diosmectite (Smecta), l’hydrotalcite (Rennieliquo) ou encore, la montmorillonite beidellitique (Bedelix). Selon Prescrire, il existe des risques de contamination au plomb, un métal lourd dont les effets peuvent être neurotoxiques. Ainsi, des alternatives comme les antiacides sans argile et l’oméprazole (Mopral) sont préférables.
Cette année, la liste des médicaments plus dangereux qu’utiles s’est encore allongée, avec 108 molécules à éviter, dont 89 faisant déjà l’objet d’une distribution en France. Parmi les nouveaux venus, nous retrouvons deux traitements autorisés depuis 2025 : le fézolinétant (Veoza) et le géfapixant (Lyfnua).
Crédit : R1235613 / Wikimedia CommonsLe diosmectite (Smecta) fait partie de la liste des médicaments à éviter de la revue Prescrire depuis 2022.Deux nouveaux médicaments dont il faut se méfier
Le fézolinétant (Veoza) est le tout premier traitement non hormonal de la ménopause. Celui-ci agit sur des récepteurs jouant un rôle dans la régulation thermique de l’organisme. Ainsi, ce traitement a pour mission de limiter les bouffées de chaleur induites par la ménopause. En revanche, son efficacité présente en pratique, certaines limites. Lors des essais cliniques, le Veoza a supprimé 2 à 3 bouffées modérées à sévères sur une moyenne de 11 par jour. Le médicament induit aussi des effets indésirables, notamment une toxicité pour le foie nécessitant un suivi régulier de la fonction hépatique. Également, il est question d’une possible augmentation des risques de cancer – notamment de la peau – ainsi que de troubles digestifs ou neuropsychiques, comme l’anxiété ou l’insomnie.
Le géfapixant (Lyfnua) vise à traiter la toux chronique, que celle-ci soit réfractaire (TOCRI) ou d’origine inexpliquée. Ce traitement – le premier du genre disponible en Europe – agit sur certains récepteurs purinergiques jouant un rôle dans le mécanisme de la toux. Seulement voila, l’efficacité de la molécule est limitée et assez mal démontrée. Durant les tests, le traitement a évité 1 à 2 épisodes de toux par heure sur une moyenne de 20. Aussi, il n’existe aucune évaluation concernant les éventuels impacts sur la qualité de vie des patients. Des effets indésirables sont également présents, par exemple une augmentation des risques d’infections respiratoires de type pneumonie mais aussi, de calculs urinaires. Lors des tests, des volontaires ont observé des troubles du goût, à tel point que 14% d’entre-eux ont rapidement mis un terme au traitement.