Aryna Sabalenka, ici en mars 2024 à Indian Wells affronte Nick Kyrgios 53 ans après la « Bataille des sexes » remportée par Billie Jean King.

CLIVE BRUNSKILL / Getty Images via AFP

Aryna Sabalenka, ici en mars 2024 à Indian Wells affronte Nick Kyrgios 53 ans après la « Bataille des sexes » remportée par Billie Jean King.

EN BREF Aryna Sabalenka et Nick Kyrgios s’affrontent à Dubaï dans un match d’exhibition présenté comme une nouvelle « Bataille des sexes ».
Le match intervient 52 ans après la victoire de Billie Jean King contre Bobby Riggs.
La modification des règles ne convainc pas les anciennes joueuses dont Alizé Cornet qui a craignent une dévalorisation du tennis féminin.

Il y a 52 ans, l’enjeu était bien différent. « Je devais le battre au nom du changement sociétal », se souvient Billie Jean King. Ce 20 septembre 1973, la championne de tennis terrasse le retraité Bobby Riggs en trois sets dans l’épisode le plus célèbre de la « Bataille des sexes ». C’était alors un « match très politique », rappelle l’ancienne numéro 1 mondiale qui militait alors pour que les joueuses aient un traitement (financier et médiatique) égal à celui des hommes.

Rien de tout cela ce dimanche 28 décembre à Dubaï pour l’exhibition qui verra s’affronter la numéro un mondiale Aryna Sabalenka et l’Australien Nick Kyrgios, ancien numéro 13 à l’ATP (il est aujourd’hui 671) mais qui n’a disputé que six rencontres officielles sur le circuit principal lors des trois dernières saisons. Le match que les promoteurs tentent bien de vendre comme une nouvelle « bataille des sexes » ne ressemble en réalité qu’à un événement commercial.

« On n’est pas dans des enjeux sportifs, ça va surtout générer des publicités. Certains vont regarder sous le prisme du sport, d’autres vont surtout profiter du spectacle », a constaté sur Eurosport la Belge Justine Hénin, sept titres en Grand Chelem qui avait elle-même affronté Yannick Noah en 2003 à Bruxelles. « On est toujours en train de chercher des manières originales de promouvoir le tennis, alors je suis curieuse. Je le prends comme un hommage à Billie Jean King. Tant que ça fait du spectacle, pourquoi pas », commente sur franceinfo la capitaine de l’équipe de France féminine Alizé Cornet.

Les règles pourraient dévaloriser Sabalenka

Il y a tout de même quelque chose qui chiffonne l’ancienne numéro un française : l’adaptation des règles. Alors qu’en 1973, la rencontre s’était disputée dans des conditions normales, cette version 2025 a lieu avec des aménagements. Les deux joueurs n’auront droit qu’à un seul service (la différence entre homme et femme sur ce secteur de jeu est importante) et la moitié de terrain de la Biélorusse est réduite de 9 %. « Pourquoi elle a accepté ces règles-là ? Pourquoi elle a accepté de réduire le terrain alors que c’est la numéro 1 mondiale ? Je trouve que c’est diminuer et dévaloriser les capacités de Sabalenka qui peut très bien tenir la dragée haute à Nick Kyrgios du fond du court », avait déploré Alizé Cornet sur RMC.

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« Je trouvais l’idée sympa au départ de proposer ça, mais c’est dommage que ce ne soit pas sur un vrai court. J’ai peur que si Sabalenka perd dans ces conditions, ce soit dénigrant pour le tennis féminin », abonde dans L’Équipe Pauline Payet, joueuse française ex-top 600, qui s’était lancée dans un défi Pauline versus men.