« Haikyu !! », la version moderne

Si la suite de Jeanne et Serge n’a jamais été traduite pour se faire une place à la télé française, le volley-ball a, lui, continué à inspirer mangakas et studios d’animation. Après la publication du premier de ses 45 tomes en 2012 (deux ans plus tard en France), le manga Haikyu !! et son adaptation animée (quatre saisons complétées de deux films d’animation) rencontrent un succès fou chez les Japonais. « La série a créé un phénomène d’inscription des jeunes dans les clubs », confirme Bounthavy Suvilay, maître de conférences à l’université de Lille et autrice de Le Sport animé ! 50 ans de séries sportives au Japon . L’engouement semble similaire en France où la série a été diffusée sur les chaînes J-One et Game One avant d’être aujourd’hui visible sur la plateforme Crunchyroll.
Trente ans après l’effet Jeanne et Serge, l’histoire du jeune Shoyo Hinata et de son équipe en a un comparable sur la pratique du volley. « Chez les jeunes, quand on leur demande comment ils ont connu le volley, la réponse est bien plus souvent Haikyu !! que le premier titre olympique aux Jeux de Tokyo, affirme Éric Tanguy, président de la Fédération française. Pour que les résultats sportifs aient un effet, les gens doivent déjà s’intéresser au sport… Et à Tokyo, les matches étaient à des horaires où seuls les passionnés se levaient. » La saison dernière, les deux tiers des licenciés de la FFVB avaient 20 ans ou moins, contre 58 % dix ans plus tôt. « Chez nous, tous les gars nés entre 2006 et 2010, connaissent Haikyu !!, partage Jocelyn Trillon, entraîneur au Centre national de volley-ball dans l’Hérault. Sur les vingt joueurs, sept ont regardé la série. » L’influence semble moins évidente chez les filles. Au pôle France féminin de Toulouse, « on a surtout des filles d’anciens ou d’anciennes volleyeuses », nuance l’entraîneur Félix André. « Mais c’est une super publicité, un coup de projecteur sur un sport qui souffre d’un manque de médiatisation à la télé. » Q. C.