Battue à Toulon malgré une résistance courageuse (31-16), l’USAP a une nouvelle fois payé sa stérilité offensive. Entre gestion assumée, absences de cadres et manque d’allant, les Catalans avancent toujours sur le fil en queue de peloton du Top 14 à quelques jours de la réception du Stade Toulousain (samedi 14 h 30).

Le constat est peut-être cruel, mais les faits sont là et l’USAP a encore perdu (31-16 à Toulon). Pour la douzième fois de la saison, les Catalans se sont inclinés. Oui, ils étaient devant à la pause (10-7), oui, ils tenaient le point de bonus défensif (21-16) à six minutes du coup de sifflet final. Mais cette résistance ne fut que la récompense logique de l’engagement défensif autour de Lucas Velarte et de ses coéquipiers. Pour le reste, le néant pour une équipe qui n’avait pas de pression et qui, au lieu de tenter et de jouer, s’est contentée de se bagarrer au milieu.

La stérilité offensive, une plaie

Maladresses, mauvais placements, jeu au pied… Laurent Labit retiendra les nouvelles imprécisions des siens avec le ballon. « Il y a eu des mauvais choix, un manque de précision, notamment sur la conquête et la touche, où il nous manque deux ou trois munitions qui auraient pu nous permettre de mettre cette équipe un peu plus en difficulté, comme on l’a fait à partir de nos mêlées, par exemple, et de nos lancements. Quelques jeux au pied aussi, et notamment au début de match : on ne voulait pas se mettre sous pression. Malheureusement, on s’y est mis rapidement avec un pied contré (Ecochard, 1re), une touche pas trouvée… »

Dimanche, l’écart de niveau dans le jeu a sauté aux yeux. À chaque fois que Toulon a accéléré, il y a eu le feu de partout. Heureusement que les joueurs de Pierre Mignoni ont été maladroits comme rarement (six avants de passe). En revanche, à chaque fois que l’USAP a tenté… rien. Le seul essai usapiste est venu d’une maladresse toulonnaise de Paolo Garbisi et de l’exploitation qu’en a faite Hugo Reus pour envoyer Maxim Granell derrière la ligne. La plus mauvaise attaque du championnat (19 essais) a fait honneur à son rang dimanche sur les bords de la Rade, passant l’essentiel de son temps à défendre.

Dimanche, l’absence de certains cadres a été trop lourde. Aujourd’hui, Jamie Ritchie, Joaquín Oviedo et Benjamín Urdapilleta sont indispensables. Leur présence à Mayol aurait pu permettre d’espérer mieux. Mais le choix a été fait de les préserver et de leur permettre de passer les fêtes en famille. Une gestion assumée, mais qui montrera vite ses limites pour un encadrement qui – pour le moment – cible ses rencontres : Clermont et Montauban (samedi 14 janvier à Perpignan). Les comptes se feront après Montauban pour enchaîner les onze dernières journées (cinq réceptions).

Le choix fort du brassard

Dimanche, Laurent Labit a confié le rôle de capitaine à Lucas Velarte, alors que Jeronimo de la Fuente sortait du placard. « Ce n’est pas un changement de capitaine. Quand je suis arrivé, je leur ai dit qu’il y aurait un capitaine tournant. Il y a trois capitaines identifiés, les historiques du club : Velarte, Ecochard et De la Fuente. Mais il y a aussi Jamie Ritchie, qui peut prendre le brassard, comme on l’a vu contre Clermont. Ce soir, les trois étaient sur le terrain et j’ai donné le brassard à Lucas (Velarte), parce que je savais que, pour venir ici, on avait besoin d’un capitaine de motivation, d’un capitaine dans le combat, plus que d’un capitaine stratégique », s’est expliqué le manager sang et or, qui a ajouté : « Ce que Lucas (Velarte) démontre depuis longtemps avec le club, son maillot, l’ADN qu’il a, c’était pour moi le premier choix pour venir à Toulon. »

Place au Stade Toulousain

Samedi, le leader toulousain sera à Aimé-Giral, fort de ses six succès consécutifs en Top 14. Alors, qu’attendre des Catalans ? « Le groupe travaille bien, on récupère des joueurs. On a récupéré encore cette semaine Posolo Tuilagi pour le match de Toulouse. Il faut qu’on continue. On sait que ce sera un match difficile, un match joker », présente déjà Laurent Labit, qui se projette. « Nous aurons les deux matchs de Coupe d’Europe derrière pour nous préparer à la réception de Montauban. Oui, c’est comme ça qu’on doit avancer. Ce championnat, exigeant et interminable, ne pardonne rien. On doit gérer l’effectif, créer de l’émulation quand les performances sont là. C’est ce qu’on fait depuis un mois, avec ce soir une grande prestation malgré beaucoup de changements. Ça sera encore le cas la semaine prochaine. Il y aura des joueurs qui vont revenir, d’autres qui vont marquer des points », a appuyé Labit, qui a conclu son passage devant les médias par : « C’est comme ça qu’on réussira notre mission de maintenir l’USAP en Top 14, qui est notre objectif. »