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Après un début de saison freiné par une commotion, le talonneur a signé un retour remarqué depuis un mois. Notamment avec quatre essais en cinq rencontres.

Un prédateur laisse rarement échapper sa proie. S’il y en a un qui se repaît sans cesse depuis un mois, c’est bien Loris Zarantonello. Le talonneur ne laisse filer aucune opportunité, se révélant aussi coriace qu’un requin, aussi puissant qu’un espadon. Des espèces marines que l’ex-Agenais imite afin de célébrer ses essais. « Honnêtement, je suis parti spontanément dans un délire », justifiait Zarantonello.

L’espadon, nouvelle célébration de Loris Zarantonello.

L’espadon, nouvelle célébration de Loris Zarantonello.
DDM – EMILIE CAYRE

Du requin contre Édimbourg, au requin-marteau face à Montpellier, voilà qu’il a choisi, ce samedi 27 décembre lors de la victoire contre le Lou (36-22), l’espadon, superposant ses deux index vers le ciel.

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Le problème est qu’au rythme où va actuellement l’international italien (1 sélection), il n’y aura plus assez d’animaux marins pour poursuivre ces célébrations. Car le natif de L’Union a inscrit ce week-end son quatrième essai de rang. « Bon, les trois précédents l’ont été sur ballon porté, nuançait le talon. Il n’y a qu’aujourd’hui (ce samedi) où je me suis arraché. »

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Tel un requin chassant sa proie, le joueur de 25 ans a déboulé, déchiré la défense lyonnaise et mis son équipe devant au score (22-15, 63). « Il est très performant quand il rentre. Il apporte une plus-value, toujours avec ses qualités. Il est dynamique, défensivement ou offensivement, et je trouve qu’il a gagné en sérénité. Peut-être même en maturité sur tout ce qui concerne le jeu au poste, c’est-à-dire mêlées et touches », louait son manager Xavier Sadourny.

Une technique de plaquage revue

Une progression inhérente à un début de saison difficile. Avant de surnager, Zarantonello a eu la tête sous l’eau. La faute à une commotion subie à Toulouse fin septembre, qui l’a contraint à deux mois d’arrêt. « Lors de cette période, j’ai pris beaucoup de recul sur les choses, sur la vie, sur moi-même. Je savais qu’il fallait que je change plusieurs trucs car j’ai un rugby assez frontal et aujourd’hui, c’est compliqué vis-à-vis des commotions », détaillait celui qui a repris la compétition depuis cinq rencontres, avec un retour face à l’Usap (le 29 novembre).

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Entre repos forcé, mais aussi intervention chirurgicale au nez, le Castrais a profité de ces instants pour fournir « un gros travail de fond » avec les préparateurs physiques, passer une semaine à l’INSEP afin de compléter sa montée en puissance, de façon à revenir le plus prêt possible à un poste où Teddy Durand s’est imposé. « Ça n’a pas été facile, mais je remercie le staff et les chirurgiens. Je savais que ce bloc serait important pour moi. Même si je dois continuer, je sens que les efforts payent. Les entraîneurs m’ont parlé de certaines choses, j’ai bien écouté, il fallait que je bosse », confiait l’intéressé.

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Si personne au CO ne lui a demandé de révolutionner son jeu, qui « offre un profil différent de celui de Teddy (Durand) » dixit Sadourny, il a surtout été question de gagner en précision sur divers aspects. « Il doit conserver ses qualités athlétiques, dans le un contre un, observait son manager. Mais il doit progresser sur les techniques de plaquage. Avant, il s’envoyait sans forcément calculer comment le mec en face arrivait. Aujourd’hui, il a mis un peu plus de sens dans son jeu, il est un peu moins foufou. »

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Sauf quand il s’agit de dénicher d’improbables célébrations, que le talonneur révèle toujours à ses partenaires avant le coup d’envoi. « Qu’il continue d’en faire, c’est bon signe », se marrait l’Auvergnat. Visiblement, le crabe serait le prochain élu. Or, en ce moment, Loris Zarantonello est plutôt un poisson volant.