Médicaments à éviter en 2026 : ce que change la liste noire
Prescrire

Mise à jour de décembre regardée de près par patients et
médecins, la revue Prescrire publie son bilan
annuel des médicaments à éviter en 2026. Reconnue
pour son indépendance, elle passe au crible l’efficacité et les
risques de traitements très courants, des sirops contre la toux aux
solutions pour la ménopause. L’enjeu est clair : aider à soigner
mieux en écartant ce qui expose trop pour un bénéfice trop faible.
Mais lesquels sont visés ?

Le cru 2026 recense 108 médicaments, dont
89 commercialisés en France, jugés plus dangereux
qu’utiles dans leurs indications. Certains entraînent des effets
gênants au quotidien ; d’autres, des complications sérieuses
pouvant aller jusqu’à l’hospitalisation ou au décès. La liste bouge
d’une année sur l’autre, au fil des nouvelles données et des
retraits du marché. Cette édition ajoute des noms connus et touche
plusieurs spécialités. La suite promet des surprises.

Nouveautés 2026 : quatre molécules ajoutées et deux
retraits

Quatre médicaments rejoignent la liste 2026. Le
fézolinétant (Veoza), destiné aux bouffées de
chaleur de la ménopause, affiche une efficacité très modeste et
peut être toxique pour le foie. Le géfapixant
(Lyfnua)
, contre la toux chronique réfractaire, cause des
troubles du goût chez de nombreux patients, avec un soupçon de
pneumonies. La chondroïtine (arthrose) n’a pas
d’efficacité clinique solide et expose à de rares réactions
allergiques graves. L’andexanet alfa (Ondexxya),
antidote hospitalier d’hémorragies sous anti‑Xa, est associé à des
complications cardiovasculaires.

Deux molécules sortent du radar. L’acide obéticholique
(ex‑Ocaliva) a été retiré car il n’est plus autorisé en France dans
les cholangites biliaires primitives. Le piracétam (Nootropyl) a
été réévalué : « Après réanalyse en 2025 de sa balance
bénéfices-risques dans les myoclonies corticales, les données
d »évaluation montrent un intérêt clinique possible, mais incertain
dans cette situation rare », a écrit la revue Prescrire, citée par
Notre Temps. Dans ses autres usages, sa balance reste défavorable,
avec risques d’hémorragies, nervosité, agitation et prise de
poids.

Les médicaments du quotidien aussi concernés : toux, rhume,
diarrhée, arthrose

La liste pointe des produits très familiers.
Smecta (diosmectite), emblématique contre la
diarrhée, est critiqué pour son efficacité discutable et la
présence potentiellement toxique de plomb. Côté maux de gorge,
l’alpha‑amylase de Maxilase expose à des réactions
allergiques. Pour la toux, plusieurs antitussifs sont à écarter :
oxomémazine (Toplexil), ambroxol, bromhexine, pentoxyvérine. Les
décongestionnants du rhume par voie orale ou nasale (éphédrine,
pseudoéphédrine, oxymétazoline, etc.) posent un problème de risques
cardiovasculaires disproportionnés.

En douleur‑rhumatologie, certains AINS restent dans le viseur :
diclofénac, piroxicam, célécoxib, étoricoxib, kétoprofène en gel,
méloxicam, ténoxicam. Quand le paracétamol ne suffit pas, les
options les moins à risque sont l’ibuprofène et le
naproxène, à condition de bien maîtriser la
posologie et d’éviter les prises en continu. Pour l’arthrose,
chondroïtine, glucosamine et diacéréine n’apportent pas la preuve
attendue. La liste 2026 mentionne aussi les traitements d’Alzheimer
(donépézil, galantamine, rivastigmine, mémantine) et plusieurs
antidépresseurs, dont duloxétine, venlafaxine, agomélatine,
citalopram, escitalopram, tianeptine, sans oublier l’étifoxine.

Que faire si votre médicament figure
dans la liste 2026 ?

Commencez par vérifier la dénomination commune internationale
(DCI) indiquée sur votre boîte, car la liste Prescrire est classée
par molécules, pas par noms de marque. Ne stoppez jamais un
traitement sans avis médical. Le bon réflexe consiste à échanger
avec votre médecin ou votre pharmacien sur votre situation, vos
facteurs de risque et les alternatives possibles, y compris non
médicamenteuses quand elles existent.

Pour aller vite, suivez ces étapes clés :

  • Identifier la DCI exacte de votre médicament et la comparer à
    la liste 2026.
  • Prendre rendez‑vous pour discuter de la balance
    bénéfices‑risques dans votre cas.
  • Demander quelles alternatives sont envisageables et comment
    organiser une éventuelle transition en sécurité.