Son parcours est étonnant. Suite à un plan de départ volontaire…
Son parcours est étonnant. Suite à un plan de départ volontaire d’une grande compagnie française aérienne, elle décide en 2015 de quitter son métier d’agent naviguant pour se consacrer à sa passion, la couture. Pendant de nombreuses années, elle a pioché ses sources d’inspiration artisanales dans tous les pays du monde visités. De retour au sol, elle suit une formation continue à l’École de la Chambre syndicale de la couture parisienne, mais elle n’est pas entièrement satisfaite. « Je voulais apprendre quelque chose que je ne savais pas faire. » C’est ainsi qu’elle découvre le métier dit « tapissier en siège ».
Palmier d’Indonésie
C’est aux côtés de Denis Guérin, installé à Aytré en Charente-Maritime, incontournable maître artisan d’art français spécialisé en cannage et paillage, qu’elle se forme et développe sa nouvelle voie. Le métier de canneur est devenu extrêmement rare. Quelques gens du voyage transmettent encore leurs gestes aux jeunes générations, mais cela reste dans la culture de leur communauté. D’influence anglaise, c’est au XVIIIe siècle qu’en France, les meilleurs artisans firent connaître cet art. On trouve encore de nos jours de nombreux sièges cannés dans les familles bordelaises. Les lanières utilisées sont celles d’un palmier provenant d’Indonésie. Agnès Marmisse est très consciente des problèmes que pose l’utilisation de telles ressources naturelles fragiles et lointaines.
En 2018, elle ouvre un atelier à Bègles. Ainsi, avec Denis Guérin, ils se trouvent les deux seuls sur la place régionale voire nationale. En 2023, en suivant des cours généraux de tapisserie en siège à la Philomathique de Bordeaux, elle découvre que l’art du cannage n’existe pas et propose ses services. « Au vu des difficultés de réalisation, l’art du cannage s’accorde très mal avec le loisir. La transmission et son modèle économique ne peuvent passer que par des professionnels », précise Agnès Marmisse.