Le mouvement de grève des éboueurs de la métropole lilloise se poursuit depuis une semaine. Les négociations semblent au point mort avec la direction de Deverra, en charge du ramassage des déchets dans 52 communes du sud de Lille.
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Un mouvement qui dure et un conflit qui s’enlise. Depuis lundi 22 décembre 2025, la grande majorité des éboueurs de la société Deverra sont en grève à Lille.
Conséquence : les poubelles ne sont plus ou peu ramassées dans 52 communes du sud de la métropole et les déchets commencent à s’amonceler sur les trottoirs. 500 000 habitants sont concernés.
“Ça commence à devenir compliqué”, déplore un riverain rencontré à Loos (Nord) ce 29 décembre, soit une semaine après le début du mouvement social. “Nos poubelles sont pleines et ils ne les ramassent pas. Ça commence à devenir un peu le bazar”. Bazar et système D, alors que la grève intervient eu moment des fêtes de Noël, en pleine période de vacances scolaires.
“Je laisse mes sacs dans ma cour en attendant qu’ils passent”, témoigne une autre habitante. Elle dit toutefois “comprendre” et “soutenir” les grévistes. Moins jeter, compacter, et condenser, en attendant la reprise des collectes. “On essaie de moins mettre dehors pour éviter les bestioles, les rats etc. Mais pendant les fêtes, c’est là qu’on jette le plus, raconte une riveraine de Fives, quartier lillois également concerné. Même si on peut comprendre leurs revendications, c’est une question d’hygiène pour nous particuliers”.
Des craintes bien comprises par les salariés en grève. Devant le dépôt de Sequedin (Nord) ce lundi 29 décembre, le feu brûle toujours. Une épaisse fumée noire, et des dizaines d’agents mobilisés, camion de la CGT en prime.
“Les discussions ont été écartées, déplore Samuel Gaillard, représentant de la CGT chez Deverra. Il y a eu quelques échanges et une réelle avancée, la fin du monoripage. Mais c’est largement insuffisant par rapport à nos conditions de travail et à ce qu’on réclame”. Parmi leurs revendications, une prime de 600 euros et la restauration du “fini-quitte”, permettant aux salariés de quitter leur poste une fois leur tournée terminée.
Selon le représentant du personnel, les tournées sont “de plus en plus longues” pour un salaire identique. “On nous rajoute des rues, il y a des réorganisations. Depuis 2022, des camions disparaissent et on se retrouve 3 ans après avec une dizaine de camions en moins pour l’ensemble des tournées et des communes à collecter”, décrit Samuel Gaillard.
Les salariés espèrent une réunion avec la direction du groupe Deverra, basée à Draguignan dans le Var. En attendant, “il n’est pas question de lever le préavis”, résume-t-il. De son côté, l’entreprise tente de mettre en place un service minimum de collecte.