1949 : Donald Winnicott, anglais, 53 ans, est bien connu, avec ses consultations pédopsychiatriques et ses prises de position sur l’évacuation des enfants durant la Guerre, entendues, à la radio, par des milliers d’auditeurs de la BBC. Pourtant, durant cet été 49, c’est pour une autre série radiophonique que surgit l’idée – celle à laquelle son nom est désormais lié  – de “mère suffisamment bonne” ou plutôt, au départ, de “mère ordinairement dévouée”.
Or, que faut-il comprendre par “bonne”, “dévouée”, “ordinaire” et “suffisamment”? Y a-t-il une différence ? Comment savoir si l’on est de ces mères, et quelle place faire aux pères ?

Comment expliquer la pérennité de ce concept, pourquoi « mère suffisamment bonne » – l’expression est assez énigmatique et nous a marqués -, pourquoi est-elle restée lié à son nom ? Nous reviendrons sur la question de la mère, habitués en psychanalyse à définir une façon de penser la mère d’emblée de façon négative, avec Winnicott qui met l’accent sur la rencontre, capitale, entre l’enfant et la mère. Et même s’il s’agit du discours d’un homme de son temps, souligne notre invitée, il soulève la question plus large d’être parent dans la toute petite enfance.
Entrons avec Silvia Lippi dans l’œuvre de Donald Winnicott (1896-1971), médecin, devenu pédopsychiatre pendant la Seconde Guerre mondiale, influencé par la psychanalyse de Freud, parfaitement contemporain de Lacan – ils ont 5 ans d’écart – et se dissociant pourtant de leur pratique.

Pour aller plus loin avec notre invitée

De formation philosophique, Silvia Lippi est psychanalyste et docteure en psychologie. Elle a fait paraitre :

  • Freud l’ingouvernable, Stilus, 2025.
  • Soeurs, Pour une psychanalyse féministe, coécrit avec Patrice Maniglier, Seuil, 2023.

À écouter

Ne pas chercher la perfection parentale avec Winnicott

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Références sonores

  • Archive. Début de la première causerie donnée par Winnicott sur la BBC en 1949. Publié sous le titre “Un homme se penche sur la maternité”, dans L’enfant et sa famille, trad. Annette Stronck-Robert, Payot, 2017, p. 9.
  • Texte 1. Ce que signifie » mère suffisamment bonne ». Donald Winnicott, “Distorsion du moi en fonction du vrai et du faux self”, 1960, trad. Jeannine Kalmanovitch, paru dans La mère suffisamment bonne, Payot, 2006, p. 105-106. Lu par Colin Gruel.
  • Extrait. Tully, film de Jason Reitman sorti en 2018.
  • Archive. Poème de Winnicott intitulé “L’arbre” sur sa mère dépressive lu par George Claisse, pour le documentaire “Une vie une œuvre” consacré à Winnicott, diffusé en décembre 2014 sur France Culture.
  • Archive. Conférence de Winnicott à la British Student Health Association, 18 juillet 1967. Contemporary Concepts of Adolescent Development and their Implications for Higher Education. Lu par Nicola Berger.
  • Texte 2. Lacan sur Winnicott – le désillusionnement de l’enfant. Jacques Lacan, Le Séminaire. Livre IV. La Relation d’objet (1956-1957). Lu par Noé Margas.
  • Chanson. William Sheller, Maman est folle.